INSCRIPTION

Aider son enfant à faire ses devoirs

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Aaaaah, les devoirs…tant que nos petits sont en maternelle, cette tâche quotidienne ne nous angoisse absolument pas mais bien vite, à peine l’entrée au CP, elle peut nous déborder et stresser enfant et parents.

Plus le temps va passer, plus la liste des devoirs à faire va s’étoffer et même si, dans les textes, les devoirs écrits sont proscrits à l’école élémentaire, il n’en reste pas moins que votre enfant se retrouve tout de même avec des lectures, des poésies et parfois même quelques exercices d’entraînement à effectuer.

Les devoirs sont inéluctables et autant s’y pencher avec entrain plutôt que d’y aller en ronchonnant : d’une part il faut montrer à l’enfant que vous y attachez de l’importance et d’autre part, il faut lui donner les moyens de se débrouiller de plus en plus par lui-même.

Alors allons-y !

Avant de vous y mettre, il vous faut bien retenir une chose : la réussite de votre enfant ne dépendra pas de sa capacité à travailler à la maison le soir plus que ses camarades. Les devoirs ne sont pas là pour faire la différence et heureusement ! L’idéal est de travailler de manière normale, sans en faire trop, mais en étant certain que l’enfant a compris et retenu ce qu’il a fait. Si vous voyez qu’il peine tous les soirs à faire ses devoirs (pourtant simples révisions de ce qui a été vu en classe), prenez rapidement rendez-vous avec son enseignant afin de voir où le problème se pose. Normalement les devoirs sont juste là pour « entraîner » l’enfant et confirmer les acquis du jour, pas pour le mettre en difficulté ou lui faire découvrir seul de nouvelles notions.

Côté quantité, c’est pareil, l’enfant ne doit pas passer plus d’une demi-heure sur ses devoirs tous les soirs (en tout cas jusqu’à ses 10 ans). Si c’est le cas, c’est soit que l’enseignant en donne trop, soit que votre enfant n’a pas assimilé les notions du jour : encore une fois, veillez à rencontrer le professeur pour lui faire part de ce souci.

Un enfant passe beaucoup de temps de sa journée à l’école, il n’est pas question pour lui de retravailler plus d’une demi-heure le soir en rentrant chez lui.

Faire ses devoirs au bon moment et au bon endroit :
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Inutile de demander à votre enfant de se mettre tout de suite à ses devoirs en rentrant de l’école pour que ce soit vite fini : il a faim et a besoin d’une pause. Optez plutôt pour un goûter, voire une petite sortie en extérieur (parc ou autre) histoire de faire une véritable coupure entre l’école et la maison.

Comptons environ 45 minutes à 1h de pause avant que l’enfant ne soit apte à se replonger dans son travail.

Côté « lieu », il est vrai que l’idéal pour un enfant est de pouvoir travailler à un petit bureau, éclairé suffisamment et au calme. Mais, bien entendu, lorsqu’un seul des deux parents est présent et qu’il y a les petits frères/sœurs à gérer, ce n’est pas toujours évident.

Pour cela, essayer d’instaurer une « routine du devoir », tous les soirs, afin de faire rentrer ce temps de travail dans l’organisation familiale. Par exemple, le temps de travail des « grands » pourra correspondre à un temps de jeu des petits, voire d’un temps de dessin animé (s’ils peinent à jouer calmement) puis on échangera avec le temps de dessin animé des grands tandis que les petits prennent leur bain.

En gros, à vous d’organiser au mieux votre soirée pour vous dégager une petite plage horaire où vous serez disponible pour votre (ou vos) enfant(s).

Parfois une table de cuisine et un parent qui prépare le repas du soir conviennent très bien, du moment que le parent reste à l’écoute et épaule l’enfant.

Côté matériel, l’idéal est d’avoir à la maison une trousse d’école en double afin que l’enfant ne soit pas obligé de sortir sa trousse (et d’oublier sur un coin de table LE bâton de colle dont il aura besoin le lendemain). Vous pouvez ainsi créer un panier à devoirs dans lequel vous disposerez tout le matériel nécessaire à l’enfant sans devoir fouiller dans sa trousse d’école.

Intervenir tout en donnant des clés
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Le parent DOIT assister aux devoirs de son enfant pour la bonne et simple raison qu’il reste le garant principal de l’organisation du travail.

Un enfant ne sait pas gérer son agenda avant le collège (et encore !), l’adulte « accompagnant » doit donc être en mesure de le ré-orienter et de le rappeler à l’ordre s’il passe trop de temps sur un exercice (s’il rêvasse). De plus, l’enfant, surtout au primaire, a besoin que quelqu’un valide son travail : une poésie sue, une lecture bien dite, etc…

Un parent ou un grand frère, voire une baby sitter mais il faut que quelqu’un de compétent valide le travail de l’enfant.

Vous pouvez choisir de vous asseoir à ses côtés s’il est en CP/CE1 puis de vaquer à vos occupations dans la même pièce pour les plus grands, tout en restant disponible pour l’enfant. Ensuite, il pourra choisir d’aller faire ses devoirs dans sa chambre au calme s’il le souhaite mais il est vrai que les plus jeunes avancent plus vite s’ils sont coachés de près.

Petit à petit, vous allez donner de bonnes habitudes à votre enfant : commencer par regarder ce qu’il faut faire, poser les cahiers qu’il faut utiliser, barrer ce qui a été vu dans l’agenda, etc… Il faut adapter cette organisation à votre enfant en fonction de sa concentration. Certains préfèrent commencer par la lecture puis faire les exercices, d’autres sont plus concentrés d’abord pour faire leur poésie, etc…

Si vraiment votre enfant peine à se concentrer, n’hésitez pas à scinder les devoirs en octroyant une petite pause jeu ou détente entre les deux morceaux, surtout pour les plus jeunes.

Variez les supports d’apprentissage :
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Profitez d’être à la maison pour offrir à votre enfant d’autres supports d’apprentissages : des cartes à jouer pour apprendre la suite numérique, des pâtes alphabet pour les lettres, des jetons pour dénombrer (ou des pommes de terre), les lettres aimantées pour commencer la lecture, bref tout ce qui peut apporter à l’enfant un peu de ludique dans ses apprentissages.

Ne faites pas ses devoirs à sa place !

Oui, c’est vrai que parfois, on a envie que ça se termine, qu’on en finisse, qu’on passe au bain puis à table parce qu’il est tard et que nous aussi, on a envie d’un break. Mais ce n’est pas une bonne idée !

Il faut les laisser chercher et surtout les laisser trouver tout seuls : en effet, je le répète, les devoirs ne sont que des révisions de ce qui a été travaillé en classe ; l’enfant doit donc apprendre à le faire seul, à réinvestir seul ce qu’il a vu à l’école. Il en va de la qualité et de la durabilité de son apprentissage. S’il apprend seul, il saura réinvestir seul dans de nombreux cas alors que si vous faites à sa place, il sera perdu devant le problème une fois de retour en classe.

De la même façon, n’essayez pas de lui imposer une technique que VOUS utilisez.

Les méthodes ont évolué et même si vous trouvez votre façon de faire les divisions plus simples, ne tentez pas de l’expliquer à votre enfant. En classe, il en utilise une autre, alors n’allez pas lui embrouiller tout son savoir en repartant de zéro.

Il mâchouille son crayon, il chantonne en travaillant, il aime mâchouiller un chewing-gum ou travailler debout ? Laissez le faire (dans la limite du raisonnable). Nous avons tous nos petits tics et notre rituel de boulot, laissez-le avoir le sien (surtout s’il est efficace).

Si l’enseignant fourni des cahiers outils, utilisez-les. Ça peut être une simple file numérique pour les mathématiques ou des cahiers de son. Il faut les prendre comme supports même si l’enfant n’en a pas systématiquement besoin, pour lui montrer qu’on la droit de s’aider, de se référer à d’autres supports et ouvrages pour consolider des apprentissages.

A chaque type de devoir à faire correspond une action d’apprentissage : à vous d’ajuster selon la concentration de votre enfant ainsi que son type de mémoire (auditive, visuelle, un mix des deux).

 

Type de devoir

Comment faire ?

Il doit apprendre une poésie (ou un texte) par coeur

Selon la mémoire de votre enfant, vous pourrez procéder à plusieurs lectures à haute voix ou juste une lecture qu’il fera en silence. Lisez et faites répéter ensuite. N’hésitez pas à couper la poésie, à la jouer, à la mettre en scène. On peut également apprendre une partie à un moment et faire une pause avant d’apprendre la seconde histoire d’alléger le tout.

L’enfant doit relire la leçon vue en classe (lecture, comptine, découverte du monde,etc..)

Installez-vous tranquillement pour relire la leçon. En fonction du niveau, proposez à l’enfant de varier la lecture (il lit/vous lisez) ou de trouver des mots clés pour décrire ce qu’il estime être le plus important (pour une leçon de français par exemple ou de découverte du monde). Faites ensuite expliquer à l’enfant ce qu’il a retenu, comme si vous n’y connaissiez rien.

Il doit faire un exercice (leçon vue en classe)

Lisez bien l’énoncé de l’exercice avec lui quitte à lui faire reformuler (ou à le reformuler vous-même). Sortez des outils d’aide si nécessaire et restez à côté de l’enfant qui doit écrire et réfléchir afin de valider son raisonnement.

Il doit fournir un gros travail personnel type dossier ou exposé (ou bien lecture devant toute la classe pour les plus petits)

Il faut bien préparer son intervention à l’avance afin d’éviter le stress. En cas d’exposé ou de poster à préparer, veillez à compiler tous les documents dans une pochette (quitte à en avoir trop) et préparez lui un coin où il pourra s’étaler sans déranger. N’hésitez pas à jouer le public pour qu’il puisse s’entraîner en soulignant (toujours positivement) les petites améliorations à apporter.

Les devoirs, on l’a dit, ne sont pas un moyen de faire mieux réussir certains enfants : inutile donc de forcer votre enfant à faire du travail en plus ou de lui acheter des milliers de cahiers d’activités pour être sûr qu’il soit meilleur que les autres. Vous risquez juste de le dégouter des devoirs qui doivent rester un moment de réinvestissement des notions vues en classe, surtout à l’école primaire.

Au collège, un enfant qui sait se mettre au travail quotidiennement, aura moins de mal à allonger la durée de ses devoirs et à s’organiser qu’un enfant déjà surbooké par ses années d’école.

Il faut profiter de ces moments pour vérifier que votre enfant ne peine pas à acquérir certaines notions et pour diversifier les supports d’apprentissage afin de rendre la chose plus ludique. Bien souvent, grâce à ces petits réinvestissements à la maison, l’enfant comprend et retient mieux et plus durablement.

Enfin, si vous avez des difficultés à encadrer le travail de votre enfant ou si votre enfant a des difficultés, n’attendez pas et prenez rendez-vous avec l’enseignant afin de vous faire aider et de trouver d’autres pistes pour le faire travailler. Il ne faut pas que les devoirs soient un fardeau permanent, riche en stress et en angoisse pour vous et l’enfant.

Une dernière lecture avant de clore ces petits conseils, est celle d’Audrey Akoun et d’Isabelle Pailleau qui nous proposent dans leur ouvrage « Apprendre autrement avec la pédagogie positive » une analyse intelligente des différents soucis d’apprentissage de nos enfants ainsi que de nombreuses pistes pour les résorber (ou en tout cas les faciliter).

Un livre qui traite plus des devoirs pour les plus grands (à partir de 8/9 ans) mais dont les solutions sont applicables au quotidien de manière très facile et très efficace.

Allez, au boulot, et n’hésitez pas à partager vos questions et vos petites astuces en commentaire !

Marie Perarnau Publié le 4 novembre 2014 Par Marie Perarnau
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