Comment gérer le mal des transports par Dr Eve Balzamo

1- « Bonjour Dr Balzamo,  Nous avons tous connu des grands moments de désespoir sur la route des vacances. Mais pourquoi les enfants sont-ils si sensibles au mal des transports, et à partir de quel âge bébé peut-il en souffrir ?

Bonjour Avis de Mamans,

Le mal des transports est très fréquent chez les jeunes enfants, c’est vrai ! Mais il peut toucher n’importe qui et certaines personnes sont plus sensibles que d’autres, notamment les femmes et les enfants. Que d’injustice !

C’est habituellement entre l’âge de 3 et 10 ans que les enfants en souffrent le plus, mais  certains bébés y sont sujets dès l’âge de 6 mois ou 1 an. A cet âge, les symptômes sont plus difficiles à interpréter. En revanche, les nouveaux-nés sont eux rarement touchés par le mal des transports.

Le mal des transports  peut survenir lors de n’importe quel déplacement (ou si la surface sur laquelle on se déplace bouge) :

  • En bateau (le mal de mer est le mal des transports le plus fréquent ; l’adaptation se fait au bout de 2 ou 3 jours de navigation et il est possible que les symptômes réapparaissent transitoirement au retour sur la terre ferme)
  • En voiture
  • En train
  • En avion
  • Sur un animal quadrupède (par exemple Chameau ou Cheval ;-) )
  • En planche en voile
  • En ski*
  • En plongée

Habituellement, nous maintenons notre équilibre grâce à 3 organes qui informent notre cerveau de manière simultanée de notre position dans l’espace ; les yeux, l’oreille interne, avec l’appareil vestibulaire qui détecte les changements de position et les mouvements, et les récepteurs proprioceptifs, présents dans les muscles et les tendons, qui informent de la position du corps sur le sol. Pendant un transport, l’oreille interne, très sensible, perçoit les moindre petits mouvements, accélérations, ralentissements ou changements de direction avant que le cerveau ne soit informé par les yeux et les récepteurs musculaires.

C’est la perception décalée des mouvements qui est à l’origine du mal des transport.

 Le mal des transports est favorisé par certains facteurs extérieurs comme les odeurs désagréables ou fortes, le bruit, la chaleur, le confinement.

2°) Comment reconnaître les symptômes ?

Le mal des transports peut survenir dès les premières minutes du voyage. On peut repérer les premiers symptômes en observant l’enfant :

  • En début de crise, l’enfant pâlit, arrête son activité et ne parle plus : il devient anormalement calme !
  • Il peut chercher votre contact pour se rassurer (il se sent inquiet).
  • Il transpire ou dit qu’il a chaud
  • Il peut saliver plus qu’à l’habitude
  • Il n’a plus d’appétit
  • Il peut somnoler

Lorsque les symptômes ne sont pas soulagés et que le voyage se poursuit, l’enfant peut se souffrir de nausées et maux de tête. Le bébé va exprimer son malaise en pleurant ou criant sans que l’on ne comprenne pourquoi (les symptômes précurseurs sont difficiles à repérer chez les petit-nourrissons).

Puis, les nausées s’accentuent et peuvent être suivies de vomissements, qui soulagent la crise.

L’enfant prévient souvent trop tard qu’il a « envie de vomir ». Il peut également se plaindre d’avoir « mal au ventre », « mal au coeur » ou « envie d’aller aux toilettes ». Ne vous méprenez pas !

Dans la mesure du possible, essayez de soulager les symptômes dès leur apparition, et de ne  grondez pas l’enfant (cela pourrait augmenter son anxiété).

3°) Y a t-il des astuces pour éviter le mal des transports ?

Avant le départ :

Règle n°1 : Partez reposé. L’enfant doit faire une bonne nuit de sommeil avant le départ, car la fatigue augmente le mal des transport

Règle n°2 : Ne partez pas à jeun ni l’estomac trop plein. L’idéal est de prendre un petit déjeuner léger (yaourt, pain ou biscuit sec, fruit ou petit biberon pour le bébé), et des repas légers et digestes en évitant les graisses, les crèmes et les oeufs. Choisissez des aliments solides plutôt que liquides.

Règle n°3 : Rassurez l’enfant si le voyage l’angoisse

Et aérez la voiture, ne vous parfumez pas trop, évitez de charger le coffre avec des aliments odorants.

Prévoyez toujours des sacs en plastiques à portée de mains, mouchoirs, lingettes, eau et tenue de rechange (et petit goûter)…. On ne sait jamais.

Pendant le trajet :

  • Installez l’enfant confortablement, la tête droite et calée pour éviter les mouvements brusques
  • Ne le couvrez pas trop et ne chauffez pas trop l’habitacle
  • Aérez régulièrement en ouvrant les fenêtres
  • Ne fumez pas
  • En voiture (pour les adultes) installez-vous à l’avant et regardez loin devant vous.  Concentrez-vous sur la route (le conducteur n’a pas mal au coeur car il anticipe avec ses yeux les moindres mouvements).
  • Conseillez aux enfants de regarder par la fenêtre
  • En train : installez vous à l’avant du train, en salle « basse » et dans le sens de la marche
  • En bateau et en avion, choisissez une place au milieu de l’appareil (c’est l’endroit qui bouge le moins)
  • En bateau, restez à l’extérieur dans la mesure du possible
  • Ne faites aucune activité qui nécessite votre attention visuelle : pas de lecture, jeux électroniques, coloriages….
  • Buvez régulièrement de l’eau
  • Grignotez des aliments secs et sucrés de temps en temps ou mâchez des chewing-gums à la menthe
  • Voyagez de nuit si possible. Le mal des transports disparaît pendant le sommeil
  • Les bracelets anti-nausées n’ont pas prouvé scientifiquement leur efficacité

En revanche, il existe des traitements préventifs médicamenteux efficaces.

4°) Mince, c’est trop tard ! Que faire lorsque l’enfant commence à avoir « mal au coeur » ?

  • Rassurez-le
  • Tenez-lui la main
  • Enlevez lui ses vêtements chauds
  • Proposez-lui de grignoter un biscuit sec ou un bonbon, ou de mâcher un chewing-gum
  • Installez-le confortablement, en position allongée si possible
  • Proposez à l’enfant de respirer en gonflant son ventre régulièrement et calmement
  • En voiture, ouvrez les fenêtres puis arrêtez-vous un moment
  • En bateau, sortez sur le pont

 

Et préparez le sac à vomi.

5°) Quels médicaments peut-on utiliser ?

Si l’enfant est souvent sujet au mal des transports, vous pouvez essayer de lui donner un traitement préventif, disponible sans ordonnance en pharmacie.

  • Certains antihistaminiques sont efficaces dans cette indication. Ils doivent être donnés 30 minutes à 1 heure avant le départ et leur prise peut être renouvelée au cours du voyage en respectant un intervalle d’au moins six heures entre les prises.
  • Nausicalm sirop, à partir de 2 ans
  • Nautamine à partir de 2 ans
  • Mercalm à partir de 6 ans

 La plupart des traitements sont contre-indiqués chez les enfants de moins de 2 ans. Lisez toujours attentivement les notices avant utilisation.

Certains traitements homéopathiques existent également :

N’oubliez pas de bien hydrater votre bébé ou votre enfant s’il a beaucoup vomi, et de consulter si les symptômes persistent à la fin du voyage.

Découvrez toutes nos fiches santé - pédiatrie rédigées par notre pédiatre en cliquant ici

Mal des transports Afssaps2009

L’oreille et la mer. M François. Médecine et enfance, 2007

Suppression of sickness by controlled breathing during mild nauseogenic motion, Yen-Pik-Sang F, Golding JF, Gresy MA. Aviat. Space Environ. Med., 2003 ; 74 : 998-1002.

Docteur Eve Balzamo Publié le 12 juillet 2012 Par Docteur Eve Balzamo
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