EGALI-MERE : LA CULPABILITE

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S’il y a bien une chose que je ne savais pas avant d’avoir mes enfants, c’est que la maternité est livrée avec un pack « culpabilité » ni repris, ni échangé...

Ce sentiment est apparu dès la naissance de mon premier enfant qui nous a fait la surprise de venir au monde à 35 SA. Au début, un peu abasourdie par cette arrivée prématurée, je n’ai pas mesuré à quel point ce sentiment allait être fort.

Pendant notre séjour en néonat, nous étions comme dans un cocon, à l’abri du monde extérieur, des remarques et questions de notre entourage… Toutes les personnes qui nous entouraient se voulaient rassurantes, à l’écoute, nous apprenant à donner les soins à notre enfant… Je ne me doutais pas que lorsqu’elle ferait son apparition, cela serait si douloureux…

Et pourtant, je me rappelle précisément du moment où Madame La Culpabilité a fait son entrée dans ma vie : je sortais de néonat avec mon conjoint, nous allions prendre l’ascenseur pour rejoindre ma chambre et avons croisé ce couple que j’avais vu quelques jours plus tôt, alors que j’avais passé une nuit en observation à la maternité. Ils étaient souriants, leur bébé tout rose et aux grosses joues dans le cosy, saluant le personnel hospitalier, heureux de rentrer chez eux…

Mon bébé n’avait pas ces bonnes grosses joues, il n’était pas avec moi mais dans un berceau en néonat, il ne devait tout simplement pas y être puisqu’il était censé rester encore un peu dans mon ventre… Mais qu’est-ce que j’avais donc pu bien faire pour qu’il naisse maintenant ??? Pourquoi n’avais-je pas senti plus tôt que ces douleurs dans le ventre étaient des contractions ? Pourquoi ne suis-je pas venue plus tôt à la maternité comme la nuit précédente où on m’avait mise sous spasfon et gardée en observation avant de me dire que tout allait bien et me laisser partir ?

Et voilà, elle était entrée dans ma vie, sournoisement, sans faire de bruit mais avec une telle force que je me suis effondrée, j’ai fondu en sanglots… Elle avait gagné !

Nous n’avons pas d’explication à la prématurité. Le chef de service qui a procédé à mon accouchement a tenté de me rassurer en me disant que je n’avais absolument rien à me reprocher, que cela arrivait et que, dans notre cas, nous pouvions nous estimer heureux car notre enfant n’avait pas eu besoin d’être intubé pour être nourri, ni branché jours et nuits à un respirateur…

Nous sommes rentrés à la maison et j’ai dû apprendre à vivre avec ce sentiment qui accompagne souvent la parentalité.

Alors que je pensais qu’elle m’avait laissée un peu tranquille, la voilà qui a fait son grand retour quand des personnes voyaient pour la première fois mon fils : « Oh mais qu’il est petit ? Et comment ça se fait qu’il est né si tôt ? Vous êtes sûre qu’il n’aura pas de séquelle ? »…

Mon fils a grandi et j’ai appris que la culpabilité se cachait dans le moindre recoin de ma vie, dans la plupart de mes actions, de mes réflexions…

Nombreuses sont les occasions de culpabiliser : allaiter ou ne pas allaiter, perdre patience avec son nourrisson qui pleure, ne pas comprendre les pleurs de son enfants, ne pas ressentir « l’instinct maternel », ne pas avoir remarqué que son enfant était malade, ne pas avoir pu l’empêcher de tomber, ne pas se rendre compte qu’il a des difficultés de lecture ou d’écriture, avoir un deuxième enfant, ne pas vouloir d’enfant, ne pas travailler ou trop travailler, ne pas réussir à concilier sa vie pro et sa vie perso, ne pas préparer des bons petits plats alors qu’on s’était promis de ne lui donner que des produits frais et cuisinés par nous-même, ne pas avoir une maison bien rangée et bien propre, ne pas réussir à organiser un super goûter d’anniversaire, ne pas accompagner les sorties scolaires, rater la kermesse de l’école, ne pas assurer au boulot parce que la nuit a été pourrie, ne pas avoir encore perdu tous ses kilos de grossesse alors qu’on croise d’autres femmes au physique de rêve 3 mois après leur accouchement, ne pas prendre soin de soi ou au contraire prendre du temps pour soi, laisser son enfant au centre de loisirs ou chez la nounou alors qu’on ne travaille pas, confier son enfant le temps d’un weekend en amoureux, laisser sa vie de couple entre parenthèse…

Liste non exhaustive…

Et puis un jour, j’en ai eu marre d’elle parce qu’elle commençait vraiment à être trop envahissante et me bouffer la vie. Je me suis dit qu’il était grand temps de me séparer d’elle mais je ne savais pas trop comment m’y prendre.

Pour commencer, je me suis posée et j’ai réfléchi : d’où vient ce sentiment de culpabilité ? Pourquoi est-ce que je ressens toutes ces choses ?

Je me suis ensuite demandée ce que je pourrais faire pour arrêter de culpabiliser de tout ce que j’entreprends ou ne réalise pas ?

Une des premières était : et si je commençais déjà par arrêter de me comparer aux autres et regarder ce que je fais de bien ? Et si toutes ces images que me renvoient les médias, les séries TV, les magazines, n’étaient pas le reflet de la société ? Et si j’arrêtais de me mettre la pression pour vouloir ressembler à l’image de la « mère parfaite » qu’on nous renvoie sans cesse ?

Alors, petit à petit, j’ai senti que je me détachais d’elle et j’ai eu envie de partager tout cela avec vous.

Je n’ai pas de recette miracle, je sais bien que la culpabilité n’est jamais très loin de moi, qu’elle guette chacun de mes pas et attend le bon moment pour venir en remettre une couche mais j’apprends à relativiser, à vivre avec et à ne pas m’enfermer dans ce sentiment qui peut être très destructeur

Mais voilà, nous avons toutes et tous en chacun de nous des ressources que nous ne soupçonnons pas, que nous ne voyons pas parce que nous ne prenons pas le temps de nous poser, de nous interroger.

Commençons par arrêter de nous comparer aux autres, accepter que nous ne sommes que des humains et que nous agissons en faisant ce que nous pensons être le meilleur pour nous et pour notre entourage.

Apprenons à mettre en valeur ce que nous sommes, nos qualités, nos atouts, nos valeurs, nos réussites, et c’est ainsi que, petit à petit, nous pourrons retrouver confiance en nous.

 

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. EGALI-MERE Publié le 26 mars 2015 Par . EGALI-MERE
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