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Et si on parlait de l'alimentation du bébé

Intro

Vous le savez le Docteur Balzamo fait partie intégrante de l’équipe de Avisdemamans.com et à cet effet, elle intervient tous les mercredis matins sur notre page Facebook.

Cela dit, il arrive que ce moment à nous, ne suffise pas pour apporter tout l’éclairage médical nécessaire sur les questions que nous nous posons. 

Nous avons donc décidé, toujours dans un souci d’être au plus près de vos préoccupations (et des miennes aussi), de mettre en place des interviews sur des questions auxquelles nous n’avons pas eu le temps de répondre ou dont les réponses ont parfois été noyées dans le flot de nos interactions  "facebookiennes".

Nous démarrons aujourd’hui avec le vaste sujet de l’alimentation de bébé.

Pour mémoire, le Dr Balzamo est l’ auteur du Guide de Santé Pour Les Enfants de 0 à 14 ans aux éditions Flammarion.

1°) « Bonjour Dr Balzamo, nous démarrons ces interviews avec un sujet sensible et assez anxiogène : l’alimentation de bébé. De nombreuses questions se posent sur le type de lait qu’il convient de donner après la naissance pour les mamans qui n’allaitent pas. Y’en a t’il un meilleur qu’un autre? Lequel choisir? »

Bonjour Avis de mamans,

Le bébé est encore un petit-être en développement, ce n’est pas un adulte miniature. Il a des besoins nutritionnels spécifiques au début de sa vie.

Le lait maternel est évidemment le plus adapté au cours des 6 premiers mois de vie. Mais lorsque l’allaitement n’est pas possible ou n’est pas souhaité, pas de panique! Chercheurs et médecins ont élaboré des laits infantiles dont la composition est très proche de celle du lait de mère et qui répondent parfaitement aux besoins de bébé : lait 1er âge de 0 à 6 mois, lait 2ème âge de 6 à 12 mois.

Le lait de vache, quant à lui, ne doit pas être donné comme boisson principale avant l’âge d’un an (risque de grande carence et de mauvais développement). Mais cela ne veut pas dire qu’il est interdit d’en  donner un peu.

Alors quel type de lait choisir, quelle marque? J’avoue que c’est un vrai casse tête pour s’y retrouver tellement le choix est vaste, même en tant que pédiatre! Sachez tout de même que les réglementations en matière d’alimentation infantile sont très strictes et dans l’ensemble, les formules sont relativement proches, même si chaque marque a sa petite spécificité. En général, le pédiatre qui suit l’enfant sera de bon conseil.

En cas de troubles digestifs, il existe des laits anti-régurgitations, des laits anti-coliques, des laits contre la constipation. Pour les bébés qui risquent de développer un eczéma (car ses parents sont  atopiques), il existe des laits hypoallergéniques, utiles pendant les 6 premiers mois mais à condition d’être donnés dès le 1er biberon et pour tous les suivants.

Il existe également des formules infantiles adaptées aux bébés allergiques au lait de vache. 

2°) «Et après 1 an: lait entier, demi écrémé ou lait de croissance?  Il semble que les avis divergent … »

Entre 1an et 3 ans, les besoins en fer, vitamine D et lipides sont encore importants.

Le lait entier étant plus riche en lipides que le lait demi-écrémé (les lipides sont indispensables au développement des cellules nerveuses de bébé), le choix entre les deux est aisé : lait entier ! (sauf si surpoids avéré…)

Le lait de croissance (ou 3ème âge), quant à lui, contient 25 fois plus de fer, 40 fois plus de vitamine D, 2 fois plus de glucides, plus d’acides gras essentiels et plus de vitamine A, E, C que le lait de vache entier. Son but est de prévenir d’éventuelles carences chez les enfants. Mais est-il indispensable? On comprend aisément que les parents aient du mal choisir objectivement entre lait de croissance et lait entier : les avis des médecins divergent sur ce point, on apprend que le lait de croissance n’existe pas (encore?) dans de nombreux pays et son coût n’est pas négligeable…

Voulez-vous mon point de vue personnel, Avis de Mamans ? Et bien, pour ma part, à l’exception de quelques cas particuliers, je laisse chaque parent choisir en fonction de ses convictions. N’oublions pas que la clé d’un bon développement réside en une alimentation équilibrée au quotidien. Pendant toute l’enfance!

3°) « Entre ce que nous disent nos belles-mères, ce qu’on nous a conseillé de faire avec notre ainé, et ce qu’on entend aujourd’hui, on ne sait plus quand à débuter la diversification. Un petit éclairage? »

C’est vrai, avant c’était à 4 mois. Puis après 6 mois. Et aujourd’hui, on est revenu à une diversification précoce, à partir de 4 mois. Pourquoi?

Et bien, des études très sérieuses ont montré qu’il existe une « fenêtre de tolérance alimentaire » entre l’âge de 4 et 7 mois. Cela veut dire que le bébé doit goûter à tout, en petite quantité initialement, au cours de cette période. Ainsi, il aura moins de risque de développer une allergie alimentaire que s’il consomme ces mêmes aliments plus tard.

  • Entre 4 et 6 mois, on proposera fruits et légumes cuits
  • Entre 6 et 7, on débutera viandes, poissons, oeuf (blanc et jaune)
  • Le gluten sera introduit graduellement entre 4 et 7 mois aussi.

 

4°) Qu’est ce que doit boire mon enfant s’il est allergique au lait de vache?

 Le diagnostic d’allergie aux protéines de lait de vache (APLV) est difficile. En cas de suspicion d’allergie ou d’allergie confirmée, le bébé doit alors consommer exclusivement une formule infantile sans PLV (hydrolysat ou préparation infantile à base de riz), pour les biberons ou dans les plats cuisinés.Tous les autres laits animaux ou végétaux sont inadaptés, en raison du risque important d’allergie croisée ou car leur composition ne répond pas aux besoins nutritionnels du bébé. La réintroduction des laitages ou du lait ne doit pas se faire sans avis médical.

5°) A quel âge on arrête le biberon ? Que faire si bébé ne veut plus ses biberons?

De nombreux bébés adorent leur biberon. D’autres moins !

Lorsque le bébé refuse de boire son biberon, une bonne alternative consiste à lui donner des laitages à la cuillère (yahourts, petits suisses, fromages blancs). Après 1 an, il peut consommer des laitages « normaux », natures. En revanche, avant 1 an, si l’enfant ne boit presque pas ou plus de lait infantile, il est préférable de lui donner des laitages infantiles « spécial bébé » qui remplaceront parfaitement le lait 2ème âge.

Pour les autres, le sevrage du biberon n’est pas à négliger. Il devient important lorsque le bébé grandit. Les parents doivent alors porter à leur enfant un regard différent. Ils doivent l’aider à devenir « grand ». Par ailleurs, la succion de la tétine  n’est pas idéale pour l’articulé dentaire et l’alimentation au biberon est un facteur de risque d’apparition de caries plus tard.

A partir d’1 an, l’enfant est prêt à abandonner la plupart de ses biberons. A partir de 12/15mois, on peut donc proposer au bébé un repas entièrement solide le soir, avec un laitage à la cuillère. On lui apprendra aussi à boire au bol ou à la tasse, afin qu’il puisse abandonner son biberon du matin, au plus tard, à l’entrée en maternelle.

Recommandations ESPGHAN 2008 : Complementary Feeding: A Commentary by the ESPGHAN Committee on Nutrition. J Pediatr Gastroenterol Nutr 2008; 46: 99-110.

 Merci beaucoup Dr Balzamo ! Ca permet d’avoir les idées plus claires sur certains points ! Vivement la prochaine interview 

Les mamans n’hésitez pas à commenter ou à poser vos questions sur notre page Facebook !

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Docteur Eve Balzamo Publié le 31 mars 2012 Par Docteur Eve Balzamo
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