INSCRIPTION

L'apprentissage de la propreté

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« Quel est l'âge idéal pour commencer l'apprentissage de la propreté ? »

Il n'y a pas d'âge idéal. Pour devenir propre, l'enfant doit être prêt physiologiquement et psychologiquement.

Les parents doivent eux aussi être prêts à voir grandir leur bébé et à l'encourager dans sa quête d'autonomie.

L'entrée en maternelle peut pour certains marquer l'ultime étape et est souvent malheureusement une source de stress pour les parents.

On considère que l'enfant est prêt à enlever ses couches lorsque 4 critères sont réunis :

  • il doit avoir acquis la maîtrise physiologique de ses sphincters,
  • il doit être autonome sur le plan moteur et du langage pour prévenir et aller sur le pot,
  • il doit avoir envie de faire comme les grands et manifester l'envie d'être propre,
  • Il doit être « autorisé » par ses parents à grandir et ne plus être considéré comme un bébé ;

 

« Comment l'enfant apprend-il à contrôler ses sphincters ? »

Au cours de la première année, le bébé urine de manière réflexe : il ne décide pas du moment où il fait pipi mais le muscle de sa vessie se contracte involontairement lorsqu'elle est suffisamment remplie.

Progressivement entre 12 et 18 mois, des connexions nerveuses se développent entre l'appareil urinaire et le cerveau et permettent au jeune enfant de prendre conscience physiologiquement que sa vessie est pleine et qu'il a envie d'uriner.

Ensuite, l'enfant va se rendre compte qu'il peut contrôler son sphincter urinaire, c'est à dire le petit muscle qui verrouille la vessie, et qu'il peut se retenir ou uriner sur commande. Il en est de même pour les selles.

La défécation est totalement involontaire jusqu'à l'âge de 6 mois environ, uniquement sous l'influence d'un réflexe gastro-colique (c'est à dire qu'elle dépend de l'arrivée des aliments dans le tube digestif).

En grandissant, des connexions nerveuses vont aussi s'établir entre le sphincter anal, le rectum et le cerveau. Le nourrisson pourra alors prendre conscience qu'il expulse ses selles. D'ailleurs, on remarque très tôt que le bébé arrête son activité et pousse volontairement.

Mais le contrôle des sphincters ne suffit pas pour être propre : l'enfant doit avoir envie de retirer ses couches, être encouragé et avoir la possibilité de demander à être accompagné sur le pot.

L'acquisition de la propreté pour les selles peut précéder ou non l'acquisition de la propreté pour les urines, ou survenir dans le même temps.

 

« Comment s'y prendre pour aider et encourager l'enfant à devenir propre ? »

  • Faites l'acquisition d'un pot quand l'enfant manifeste ou exprime qu'il a fait dans sa couche, vers 12-24 mois
  • Familiarisez-le avec son pot, sans lui demander de l'utiliser, mais en lui expliquant à quoi il sert. Proposez à l'enfant de s'asseoir dessus, même habillé
  • Essayez d'instaurer des petits rituels (surtout si vous avez remarqué qu'il avait des selles ou faisait pipi toujours au même moment, en général après un repas ou avant le bain), en lui proposant de s'asseoir sur le pot à ces moments-là
  • Dans les premiers temps, restez à côté de lui, à sa hauteur, en lui lisant une histoire (il est normal qu'en début d'apprentissage l'enfant reste assis sur son pot sans rien faire)
  • N'essayez jamais de l'asseoir de force ni ne lui faites du chantage affectif. Cela pourrait le bloquer et il pourrait se retenir d'aller sur les toilettes par esprit d'opposition
  • En cas de réussite, félicitez-le de manière à ce qu'il se sente fier de lui mais ne le remerciez pas comme s'il avait fait ça pour vous
  • Ne le punissez pas à cas d'accidents. Au contraire, rassurez-le, ceux-ci sont normaux dans les 6 mois qui suivent le retrait des couches
  • Enfin, lorsque vous sentez que l'enfant est motivé, qu'il a envie d'être propre (par exemple pour imiter son frère ou sa soeur), faites-lui confiance et proposez-lui de mettre des petites culottes, il en sera très fier
  • Lorsque l'apprentissage a lieu en été, n'hésitez pas à laisser les enfants sans couches et faire pipi dehors dans le jardin (debout pour les garçons et en position accroupie pour les petites filles): ils prendront plus vite conscience qu'ils urinent de manière volontaire en visualisant leur jet d'urine
  • En cas de difficultés, remettez à plus tard et laissez une tierce personne (ou des enfants plus grands) l'accompagner dans cet apprentissage
  • Et surtout, pas de pression de réussite immédiate ! L'apprentissage de la propreté peut se faire pour certains en quelques jours, pour d'autres en plusieurs mois

 

"Entre pot et toilettes des grands, que choisir ?"

Pour uriner en position assise ou aller à la selle, l'enfant doit être confortablement installé, les pieds au sol et les jambes écartées : voilà pourquoi les pots ont été conçus.

Le réducteur des toilettes est habituellement utilisé plus tard, lorsque l'enfant grandit et a déjà acquis la propreté.

Certains jeunes enfants refusent de s'asseoir sur le pot au début de l'apprentissage, mais manifestent leur désir d'utiliser les toilettes des grands.

Pour ceux-là, il est conseillé d'utiliser un réducteur de toilette confortable et ergonomique, d'installer des marches pour que l'enfant repose ses pieds et de bien baisser ses vêtements en dessous des genoux.

En effet, la vidange de la vessie ne peut pas être complète si les jambes sont serrées. Enfin, le pot n'est pas à considérer comme un objet sacré. L'enfant peut en avoir plusieurs, de couleurs ou formes différentes, et l'utiliser dans des lieux différents (de préférence dans la salle de bain ou les toilettes!).

 

"Au moment de l'acquisition de la propreté, beaucoup d'enfants ont des difficultés à faire caca dans le pot. Pourquoi ? Comment réagir ?"

Les épisodes de constipation sont fréquents au moment de l'apprentissage de la propreté car la prise de conscience du sphincter anal est précoce et l'enfant est facilement capable se retenir d'aller à la selle, de manière volontaire. L'enfant peut se retenir de faire ses selles pour plusieurs raisons :

  • Il peut vouloir garder ses selles : elles sont à lui. C'est la « phase anale » décrite par Freud. Et il peut davantage vouloir les garder pour montrer à ses parents qu'il est capable de décider et de maitriser le monde, ou s'il est en opposition avec eux notamment cas d'apprentissage forcé ou de chantage affectif.
  • Il se peut aussi qu'il ait peur de voir ses selles dans le pot ou disparaître dans les toilettes (au départ, si on ne lui explique pas, il peut penser qu'il a perdu quelque chose).
  • Ainsi, en se retenant volontairement, ses selles s'accumulent dans l'ampoule rectale, deviennent volumineuses ou forment un bouchon dur, et l'expulsion devient douloureuse (l'anus peut se fissurer). Ensuite, comme l'enfant a eu mal, il se retient. Etc, etc... et on comprend le cercle vicieux.Dans d'autres cas, il peut s'agir d'une constipation transitoire responsable de douleur à la défécation (secondaire à un changement d'alimentation, à un long trajet, une fièvre...) Mais le résultat est le même : les selles volumineuses ou dures font mal, l'enfant a peur, donc se retient, etc.

 

Que faire en cas de constipation ou de refus d'aller à la selle sur le pot:

  • Ne forcez jamais l'enfant à allez sur le pot, ni ne le grondez s'il refuse d'y aller. Rassurez-le. Laissez-lui sa couche s'il préfère.
  • Expliquez-lui que tout le monde va à la selle. Ne l'obligez pas à tirer la chasse s'il refuse.
  • Si la constipation s'installe, consultez rapidement le pédiatre. En attendant, favorisez une alimentation riche en fibres et en légumes verts et évitez les sucreries et féculents. En cas de fissure anale, appliquez une pommade cicatrisante sur l'anus à chaque change.
  • Dans la plupart des cas, il faut plusieurs mois pour sortir de ce cercle vicieux. Des traitements laxatifs sont souvent prescrits.

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Docteur Eve Balzamo Publié le 1 septembre 2012 Par Docteur Eve Balzamo
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