INSCRIPTION

Le décalottage

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A l'époque de nos parents ou grands parents, le décalottage était une pratique bien ancrée dans les moeurs.

Aujourd'hui, cette mesure est fortement remise en question.

En effet, le décalottage n'évite pas les infections ou les éventuelles chirurgies du prépuce et il peut être vécu de manière agressive ou gênante pour les petits garçons, voire être à l'origine de lésions du prépuce.

Alors n'écoutons plus nos belles-mères !

 

Pourquoi le prépuce du bébé est-il non rétractable ?

Chez le foetus, le prépuce adhère complètement à la muqueuse du gland. Il commence à se décoller avant la fin de la grossesse et la séparation se poursuit souvent bien après la naissance.

Le prépuce du nouveau-né est souvent long et non rétractable en raison des ces adhérences physiologiques mais aussi car l'anneau préputial est habituellement étroit à cet âge. C'est le phimosis physiologique.

Le décollement du prépuce et du gland se traduit par une desquamation blanchâtre souvent visible à l'extrémité du prépuce.

Lorsque le petit garçon grandit et sous l'effet des érections physiologiques, son prépuce s'assouplit, les adhérences disparaissent et l'anneau préputial s'élargit.

Le prépuce est habituellement rétractable après l'âge de 3 ans et le décalottage complet est possible autour de 6 ou 7 ans.

 

Qu'est-ce qu'un phimosis ?

Le phimosis correspond à un rétrécissement de l'extrémité du prépuce qui empêche le décalottage.

Le phimosis est physiologique chez le nouveau-né et le nourrisson (en raison des adhérences); il disparaît en grandissant.

Il est parfois congénital (malformatif).

Il peut aussi être cicatriciel lorsque des décalottages forcés ou répétés ou encore des infections locales ont été à l'origine de cicatrices fibreuses.

Habituellement, le phimosis est gênant au moment des érections et pendant les rapports sexuels.

L'examen des organes génitaux par le pédiatre peut dépister plus tôt certaines malformations et adresser si besoin l'enfant à un urologue.

 

En pratique, que doit-on faire ?

Il faut laisser faire la nature !

Le décalottage est inutile : il n'y a pas plus d'infections ou d'indications chirurgicales chez les enfants non décalottés que chez les autres et les sécrétions sous le prépuce sont physiologiques !

Le petit garçon décalottera tout seul son prépuce en découvrant son zizi ou en tirant dessus. N'oubliez pas que les décalottages forcés ou répétés sont néfastes.

Les manoeuvres douces dans le bain pour essayer de libérer progressivement les adhérences préputiales sont sans risques mais le plus souvent inutiles.

Il ne faut surtout pas tenter de décalotter un petit garçon qui se plaint d'avoir mal.

Si votre petit garçon se plaint régulièrement d'avoir mal au zizi, s'il fait des infections répétées (balanites) ou s'il a des difficultés à uriner, demandez avis à votre pédiatre.

 

Quels sont les risques du décalottage forcé ?

Le prépuce est là pour protéger la muqueuse du gland et le méat urinaire.

  • Le décalottage forcé est douloureux pour le petit garçon. Il peut être responsable de déchirures ou de lésions inflammatoires.
  • Dans certains cas, les lésions provoquées par un décalottage forcé ou par des manoeuvres répétées sont à l'origine de cicatrices fibreuses, responsables d'un véritable phimosis cicatriciel qui devra être opéré à l'âge adulte.
  • Le décalottage brutal peut également être responsable d'un accident de para-phimosis, correspondant à l'étranglement du gland par l'anneau du prépuce (le prépuce est retourné en col roulé autour du gland qui devient violet, gonflé et douloureux). C'est une urgence.
  • Enfin, le décalottage n'est pas un geste anodin pour le petit garçon qui en grandissant éprouve une véritable gêne à ce qu'une tierce personne s'occupe de cette partie de son corps. Le décalottage forcé est également un geste traumatisant pour le garçon.

 

Quand faut-il faire une opération du prépuce ?

Dans certains cas, une plastie du prépuce ou une ablation du prépuce (circoncision) sera recommandée par l'urologue, notamment :

  • En cas de phimosis congénital,

  • Lorsqu'il existe une malformation génitale ou en cas de malformation urinaire (comme le reflux vésico-urétéral grave) avec risque de pyélonéphrites à répétition,

  • En cas problèmes ou d'infections répétées du gland, du méat urétéral, du prépuce,

  • En cas de gêne au moment de l'érection chez l'adolescent.

 

De temps à autre, le pédiatre ou l'urologue peut être amené à prescrire un traitement local pour essayer de libérer le prépuce et éviter une intervention chirurgicale (il s'agit d'applications d'un dermocorticoide au niveau de l'anneau préputial).

 

L’examen des organes génitaux externes chez le petit garçon, Medecine et Enfance, septembre 2006 
La circoncision, geste rituel et thérapeutique, Médecine et Enfance, septembre 2004
Section Française d’Urologie Pédiatrique

Docteur Eve Balzamo Publié le 1 décembre 2012 Par Docteur Eve Balzamo
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