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Le spasme du sanglot

Vous voyez votre enfant se mettre en colère, avoir peur, ou mal et perdre connaissance ? Ce phénomène, généralement sans gravité, impressionne les parents. Comment réagir ? Quel est la méthode à adopter ? On fait le point ensemble.

 

Le spasme du sanglot est un phénomène qui touche 5 % des enfants et qui déroutent les parents qui assistent impuissants à la scène. 

Un cauchemar pour les parents 

Cette manifestation spectaculaire de colère, de rage, de douleur ou de peur, fini par une perte de connaissance réversible sans caractère de gravité. Le spasme du sanglot est la cause la plus courante de syncope chez l'enfant de 5 mois à 5 ans.

Le spasme du sanglot c’est quoi ? 

A la suite d'une contrariété, d'une douleur ou pendant une crise de pleurs, ces derniers bloquent leur respiration et s'arrêtent de respirer quelques instants jusqu'à en devenir bleu ou pâle et perdre connaissance. Cet événement, très impressionnant, est appelé spasme du sanglot. 
Il est sans danger et l'enfant revient toujours à lui comme si de rien n'était, sans séquelle. Les parents doivent être convaincus de son caractère bénin et ne doivent pas dramatiser l'évènement.

Comment reconnaître un spasme du sanglot ?

Il existe deux formes de spasmes du sanglot :

•    La forme « bleue », par apnée, appelée aussi asphyxique, est la plus fréquente et représente 60 % des cas.
L'enfant se met à pleurer à la suite d'une contrariété. Il hurle, trépigne, reprend de moins en moins bien son souffle. Il bloque sa respiration et n’arrive plus à la reprendre. La phase expiratoire, souvent silencieuse, se prolonge de seconde en seconde. L’enfant a la bouche ouverte et aucun son ne sort. L'enfant est de plus en plus bleu, la cyanose augmente et l'apnée survient.

Si l'apnée se prolonge, les parents assistent à une syncope asphyxique avec perte de connaissance. Cette apnée peut ainsi provoquer une perte de connaissance, avec hypotonie (le bébé devient tout mou), révulsion oculaire, et parfois même des secousses musculaires. Cela ressemble à une convulsion. Les parents ont l’impression de voir leur enfant comme mort, inerte, violet, et sans respiration.

Heureusement, après quelques secondes interminables pour les parents, l'enfant reprend son souffle et la conscience réapparaît. Il revient à lui très rapidement, comme si de rien n'était.

Il existe une autre forme de spasme du sanglot, moins connue mais encore plus impressionnante : la forme pâle (ischémique) qui représente 20% des cas.

Cette forme de spasme peut être déclenchée par un léger coup ou une stimulation douloureuse. Contrairement à la première forme, celle-ci, toujours provoquée par une frustration, se caractérise par l'absence de cri. L’enfant devient pâle et perd connaissance. On appelle cet état une syncope par arrêt cardiaque. 

Spasme du sanglot : évolution du trouble

Heureusement pour l’enfant et pour les parents, ce phénomène n’apparaît plus après l’âge de 6 ou 7 ans. Seule ombre au tableau, le spasme du sanglot peut laisser des séquelles relationnelles et éducatives.
Les enfants présentant des spasmes du sanglot sont parfois des enfants hyperactifs et turbulents. On observe également une anxiété maternelle et familiale.
Les parents se sentent impuissants face à ce phénomène et adoptent ensuite une réaction de surprotection et un comportement plus clément à l’égard de leur enfant. Ces derniers en peuvent en profiter et devenir de vrais petits tyrans. N’ayez pas peur d’interdire quelque chose à votre enfant de peur qu’il ne refasse une crise. Ce n’est pas la solution !

Ne pas confondre avec…

Peut-on confondre un spasme du sanglot avec une autre pathologie ? Les symptômes spécifiques du spasme du sanglot définissent son caractère particulier et facilement reconnaissable. Un élément déclencheur, la brièveté de la perte de connaissance et le retour rapide à la conscience sont les éléments fondamentaux du diagnostic. Epilepsie, malaises cardiaques ou respiratoires peuvent toutefois être confondus avec des spasmes du sanglot.  

A quel âge débutent les spasmes du sanglot ? Jusqu'à quand durent-ils ?

Les spasmes du sanglot se manifestent chez la plupart des enfants entre 6 mois et 3 ans, mais ils sont surtout fréquents autour de l'âge de 18 mois. De temps à autre, ils surviennent beaucoup plus tôt, dès les premières semaines. Ils cessent en général vers 6 ou 7 ans.
Il n'est en revanche pas classique que les premiers spasmes du sanglot débutent après l'âge de 3 ou 4 ans. Si c'est le cas, il faut consulter rapidement pour être sûr qu'il ne s'agisse pas d'un autre problème.  

Quelle conduite à tenir ?

Il est recommandé de positionner le bébé sur le côté pour éviter qu’il ne s’étouffe avec sa salive. N’hésitez pas à éloigner les objets ou les meubles qui pourraient blesser votre enfant. L’eau froide raccourcit la durée du spasme, mettez-lui un gant froid sur le front. Essayez d’apaiser votre enfant dès que la crise commence. Mais pas de douche froide bien-sûr. 

Consultez votre médecin :

•    En cas de malaise bleu ou blanc survenant spontanément, sans rapport avec les pleurs ou la contrariété
•    En cas de malaise bleu ou blanc survenant pendant l'alimentation, ou après que l'enfant ait toussé violemment
•    En cas de convulsions ou mouvements anormaux, accompagnés ou non d'une perte de connaissance
•    Si le bébé ou l'enfant ne revient pas à son état normal à la suite du malaise
•    Si les spasmes du sanglot se manifestent pour la première fois après l'âge de 3 ou 4 ans ou à quelques jours de vie. 

Pourquoi certains enfants font des spasmes du sanglot et d'autres jamais ?

Les mécanismes du spasme du sanglot sont encore mal élucidés et son origine est vraisemblablement multifactorielle.

L'hypothèse principale de la survenue de ces spasmes serait une immaturité ou un dysfonctionnement du système nerveux autonome chez le tout-petit (le système nerveux autonome contrôle les fonctions centrales du corps, comme la respiration et les contractions cardiaques) à laquelle s'ajouterait des traits de caractères communs comme l'intolérance à la frustration, l'émotivité, l'anxiété, la colère, ainsi qu'une anémie par manque de fer chez certains enfants.

Par ailleurs, on retrouve une part d'hérédité : 35% des enfants qui font des spasmes du sanglot ont un parent qui lui aussi faisait des spasmes lorsqu'il était enfant).
En revanche, il n'y a pas de différence entre les filles et les garçons.
Si les épisodes se répètent trop souvent ou si vous avez un doute sur le diagnostic, consultez votre pédiatre.

Le témoignage d'une maman

La blogueuse "La nana lambda " est revenue sur cet épisode traumatisant qu'elle a vécu quand son enfant avait environ 1 an. Son fils sortait tous les jouets alors qu'elle était occupée à ranger. En le voyant faire, cette maman n'a pas pu s'empêcher de le disputer. Sur le moment, l'enfant n'a rien dit mais a été se cacher dans la pièce. Quelques minutes plus tard, un bruit sourd se fit entendre. La maman se précipite et voit son enfant inconscient.  Alors qu'elle le stimule pendant environ 2 minutes pour qu'il reprenne connaissance, les pompiers arrivent très rapidement.  Le petit garçon sera emmené à l'hôpital pour faire des examens complémentaires mais les médecins n'ont rien trouvé d'anormales.  L'enfant présentait tous les signes d'un spasme du sanglot. Une chose est sûre, cette maman se rappellera longtemps de cette journée. 

Sophie Dongois Publié le 17 juin 2019 Par Sophie Dongois
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