INSCRIPTION

Les coliques du nourrisson

Bébé se tortille, devient tout rouge, crie et son ventre est ballonné, dur et plein de gaz

Il souffre certainement de coliques du nourrisson. 

Fréquentes chez les bébés de moins de 3 mois (car le colon est encore immature), les coliques sont souvent difficiles à calmer et peuvent être sources de stress pour les parents. 

Mais elles sont bénignes et sans risque. Alors patience ! Rassurez bébé et restez détendu pour passer ce cap difficile.

 

À quel âge se manifestent les coliques du nourrisson ?

Typiquement, les coliques du nourrisson peuvent commencer à partir de la 2 ème semaine de vie et sont maximales vers l'âge de 6 semaines.

Elles s'atténuent ensuite et disparaissent habituellement après l'âge de 4 ou 5 mois.

 

Comment les reconnaît-on ? Quels sont les symptômes ?

Les coliques du nourrisson se manifestent à des moments variés de la journée mais principalement l'après midi ou le soir et plusieurs fois par semaine.

Elles surviennent brutalement, généralement après un repas : le bébé soudain se tortille, s'agite, devient tout rouge et pousse sur ses jambes qu'il replie sur son ventre.

Ses poings sont serrés, son visage crispé. Son ventre est dur, ballonné et tendu;

on peut sentir des gargouillis ou des gaz sous la main. Les pleurs sont difficiles à calmer et le bébé cherche souvent à téter pour s'apaiser (et non pas parce qu'il a faim).

Les selles peuvent être liquides ou vertes et explosives et sortir en jet (à ne pas confondre avec une diarrhée).

Les épisodes de pleurs peuvent durer plusieurs heures par jour. Parallèlement, le bébé garde un très bon appétit, grossit régulièrement et il sourit et est serein en dehors des épisodes douloureux.

 

Comment savoir si les coliques sont les seules responsables des pleurs de bébé ? Quels sont les diagnostics différentiels ?

Les cris et la gesticulation anarchique sont les seuls moyens que possède le bébé pour exprimer une douleur, une angoisse, un état d'agitation ou un inconfort.

Mais les pleurs du tout-petit sont souvent difficiles à interpréter pour les parents et les coliques sont parfois désignées à tort comme responsables.

Les diagnostics différentiels sont :

  • les pleurs « normaux »
  • les pleurs du soir
  • les pleurs de douleurs : douleurs digestives liées à un reflux gastro-oesophagien ou à une allergie au lait de vache, autres douleurs.

 

Si le bébé ne grossit pas bien Si les pleurs sont excessifs et augmentent dans le temps.

 

 

POURQUOI CERTAINS BÉBÉS ONT DES COLIQUES ALORS QUE D'AUTRES NON ? Y-A-T-IL DES CAUSES OU DES FACTEURS DÉCLENCHANT ?

La physiopathologie des coliques n'est pas totalement élucidée et les causes sont vraisemblablement multiples.

Les douleurs abdominales sont probablement secondaires à l'immaturité du colon et de la flore intestinale mais tous les bébés ne souffrent pas de coliques (15 à 30% environ en sont atteints).

Les ballonnements peuvent être accentués lorsque le bébé boit vite et goulument en avalant de l'air, par exemple avec certaines tétines ou lorsque la maman allaitante a un réflexe d'éjection du lait fort.

Certains aliments consommés pendant l'allaitement sont parfois incriminés mais sans réelle preuve. Enfin, les coliques seraient moins courantes chez les bébés nourris au lait maternel et plus fréquentes chez les nourrissons exposés au tabac (même in utéro), ou lorsque ses  parents sont anxieux ou en difficulté.

 

QUE FAIRE POUR CALMER LE BÉBÉ ?

Les coliques du nourrissons sont bénignes et leur évolution est toujours favorable mais elles sont souvent mal vécues par l'entourage qui se sent totalement impuissant pour soulager le bébé. Des petits gestes et conseils peuvent aider au quotidien :

  • Rassurez-vous et ne vous inquiétez pas si bébé a des coliques
  • Favorisez une atmosphère calme et détendue à la maison
  • Portez souvent le bébé contre vous

 

AU MOMENT D'UNE CRISE :

  • Bercez-le, parlez-lui doucement, rassurez-le, gardez-le contre vous
  • Allongez-le sur votre ventre ou portez-le sur votre avant-bras, son ventre contre la paume de votre main: le contact et la chaleur peuvent le détendre
  • Aidez-le à évacuer ses gaz en l'allongeant sur le dos et en remontant ses jambes contre son abdomen pour le masser doucement ou bien massez délicatement son ventre avec vos mains
  • Proposez-lui de téter une tétine ou votre doigt pour qu'il s'apaise par la succion
  • Ne vous laissez pas envahir par les pleurs et n'hésitez pas à laisser une tierce personne s'occuper de lui.

 

ET L'ALIMENTATION?

  • Si vous allaitez, poursuivez l'allaitement

Proposez un seul sein par tétée : le lait de début de tétée est riche en lactose et peut favoriser les coliques.

Evacuez les puissants jets de lait du mamelon si vous avez un réflexe d'éjection fort.

Essayez de supprimer de votre alimentation thé, café, laitages, agrumes, jus de pomme, choux et aliments qui fermentent, mais ne continuez pas ce « régime » en cas d'inefficacité.

  • Au biberon :

Choisissez des tétines et biberons anti-aérophagie, faites roter bébé après le repas.

Si les coliques sont importantes, demandez conseil à votre pédiatre. Dans certains cas, il pourra changer le lait de bébé.  

 

Y A T-IL DES TRAITEMENTS MÉDICAMENTEUX ?

Certains probiotiques sont efficaces dans les coliques du nourrisson.

D'autres traitements ou alternatives thérapeutiques peuvent être utilisés mais leur efficacité n'est pas démontrée et les bénéfices sont variables selon les enfants.

Ce sont :

  • Les tisanes à base de fenouil
  • L'acupuncture 
  • L'eau de chaux
  • Le gel de Polysilane ®
  • Le Débridat ® sur ordonnance.
  • Les séances d'ostéopathie (celles-ci ne sont pas conseillées aujourd'hui en raison du manque de preuves suffisantes et la loi recommande un certificat médical de non contre-indication pour les bébés de moins de 6 mois).

Parlez-en à votre pédiatre !

Découvrez toutes nos fiches santé - pédiatrie rédigées par notre pédiatre en cliquant ici

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Improving our understanding of the colicky infant: a prospective observational study. Kvitvaer BG, Miller J, Newell D. J Clin Nurs. 2012 

Colic in infants. Peter Lucassen. Clin Evid (Online) ; 2010 

Why are they having infant colic? A nested case-control study. Yalçin SS, Orün E, Mutlu B, Madendag Y, Sinici I, Dursun A, Ozkara HA, Ustünyurt Z, Kutluk S, Yurdakök K. Paediatr Perinat Epidemiol.2010 Nov 

Focus on infantile colic. Savino F. Acta Paediatr. 2007 

Breastfeeding may improve nocturnal sleep and reduce infantile colic: potential role of breast milk melatonin. Cohen Engler A, Hadash A, Shehadeh N, Pillar G. Eur J Pediatr. 2012 

Dietary treatment of colic caused by excess gas in infants: biochemical evidence. Infante D, Segarra O, Luyer BL. World J Gastroenterol. 2011 

Lactobacillus reuteri DSM 17938 in infantile colic: a randomized, double-blind, placebo-controlled trial. Savino F, Cordisco L, Tarasco V, Palumeri E, Calabrese R, Oggero R, Roos S, Matteuzzi D. Pediatrics. 2010 

Nutritional supplements and other complementary medicines for infantile colic: a systematic review.Perry R, Hunt K, Ernst E.cPediatrics. 2011 

Acupuncture reduces crying in infants with infantile colic: a randomised, controlled, blind clinical study. Landgren K, Kvorning N, Hallström I. Acupunct Med. 2010 

Therapeutic effects of cranial osteopathic manipulative medicine: a systematic review. Jäkel A, von Hauenschild P. J AM Osteopath

l'ostéopathie crânienne du nourrisson  

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Y A T-IL DES TRAITEMENTS spécifiques  ?

Pour soulager votre enfant vous pouvez toutefois faire quelques séances chez l'ostéopathe. Ce dernier, avec des gestes bien précis, va redonner de la mobilité au corps de l'enfant et peut débloquer certains problème digestifs. 

Les probiotiques sont également intéressants pour traiter les coliques du nourrisson.  Ces "bonnes bactéries" renforcent le microbiote  intestinal de l'enfant et améliorent donc les difficultés digestives. Le produit le plus connu et le plus efficace est le BioGaia.  Ce probiotique sous formes de gouttes peut être donné en préventif dès la naissance ( 5 gouttes par jour pendant 21 jours minimum). 

 

Docteur Eve Balzamo Publié le 1 septembre 2012 Par Docteur Eve Balzamo
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