Les infections vaginales

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L’équilibre de la flore vaginale est très fragile. Lorsque cette flore est déséquilibrée, les infections vaginales s’installent.

Les trois vaginites les plus courantes sont : la vaginose bactérienne, l’infection àchampignon (mycose) et l’infection à Trichomonas.

La vaginose

La vaginose bactérienne est un déséquilibre et une profonde modification de la flore vaginale avec disparition du lactobacille. Le germe responsable est une bactérie dénommée Gardnerella Vaginalis. La réduction de l’activité du lactobacille entraîne une élévation du pH qui est due à une diminution d’acide lactique produit par le lactobacille, ce qui rend le milieu vaginal basique. Dans 50% des cas, les femmes infectées n’ont pas de symptôme.

La vaginose n’est pas considérée comme une infection sexuellement transmissible.

C’est l’infection la plus commune chez les femmes.

  • pertes abondantes de couleur gris verdâtre
  • odeur très particulière de poisson pourri, qui se manifeste après un rapport sexuel et pendant les règles, due au pH basique.
  • pH de sécrétion vaginale > 5 (donc plus basique que le milieu normal qui est à pH ~ 5)
  • présence de clue-cells : cellules caractéristiques de la vaginose bactérienne

Dans la vaginose, contrairement à la mycose, il n’y a pas vraiment de démangeaisons.

Le diagnostic est généralement clinique, le prélèvement vaginal seul n’est pas vraiment d’une grande utilité. Il repose sur la réalisation du score de Nugent qui détermine la présence et le nombre de lactobacilles et de flores pathogènes par un simple examen au microscope.

Ce score de Nugent est noté de 0 à 10 :

  • 0 à 3 : flore normale
  • 4 à 6 : flore intermédiaire
  • 7 à 10 : vaginose bactérienne

 

Chez la femme enceinte, une vaginose bactérienne peut être la cause de complications obstétricales (accouchement prématuré, rupture prématuré des membranes, infection fœtale).

Le traitement se fait par des antibiotiques oraux : Métronidazole (Flagyl) 1g /j pendant 7 jours ou Secnidazole (Secnol) 2g en une seule prise.

L’administration de prébiotiques et probiotiques, restaurateurs de la flore est un moyen très efficace pour prévenir les infections récurrentes après le traitement par antibiotiques. 

Ce sont des produits destinés à favoriser la stimulation des lactobacilles déjà présents dans le vagin.

Ce sont des acidifiants du milieu vaginal, réduisant ainsi la prolifération des germes pathogènes (Géliofil, Prévégyne ,1 comprimé à mettre au fond du vagin)

Ce sont des lactobacilles de remplacement qui aident à réensemencer le vagin par la flore saine (Femibion flore intime, Bion flore intime, Hydralin flora)

Seules certaines souches de lactobacilles sont capables de limiter le risque de récidive : lactobacilles Rhamnosus et lactobacilles Reuteri.

Les remèdes naturels :

  • le yaourt nature et bio : il a la propriété d’acidifier le milieu et d’apaiser les symptômes en appliquant sur les zones de démangeaisons ou en en mettant sur un tampon que vous placerez dans le vagin 1h à 2h.
  • le vinaigre de cidre : il permet d’acidifier le milieu, faites une toilette vaginale en diluant 1 cuillère à soupe de vinaigre de cidre par litre d’eau, ce remède naturel peut être réalisé durant 3 jours. 

La vaginose bactérienne nécessite une consultation médicale.

Mycoses ou candidoses

Infection très fréquente chez la femme, plus désagréable que grave mais les récidives sont fréquentes lorsqu’on ne soigne que la mycose sans en soigner la cause.

Trois femmes sur quatre connaissent au moins une fois un épisode de mycose vaginale.

Cette infection est due à un développement excessif d’un champignon : candida albicans, qui se retrouve en quantité anormalement élevée dans le vagin. Ce champignonse développe en milieu acide.

  • pertes abondantes, inodores, blanchâtres, compactes, d’aspect de lait caillé
  • rougeurs locales, petites coupures parfois
  • démangeaisons et brûlures désagréables
  • douleurs lors des rapports sexuels
  • col rouge et inflammatoire

Le traitement :

  • savon pH alcalin (Gynhydralin, Saforelle, Monagyn)
  • traitement anti mycosique ovule et lait dermique : ovule Gyno-pevaryl LP 150 le soir au coucher après la toilette, à renouveler 3 jours plus tard et lait Pevaryl en application vulvaire
  • traiter le partenaire avec une pommade anti mycosique
  • bien laver les sous-vêtements pour irradier les spores du champignon

 

Les remèdes naturels :

  • Le bicarbonate de soude a des propriétés alcalinisantes, à utiliser en bain de siège en toilette externe (avec 1 cuillère à soupe de bicarbonate par litre d’eau dans une bassine). Il aide à éliminer le champignon qui n’aime pas les milieux alcalins, mais il faut mettre des probiotiques après pour bien réensemencer le vagin en lactobacilles.
  • L’huile essentielle d’arbre à thé est un antifongique naturel et un antiseptique très efficace contre le candida albicans. Diluer quelques gouttes dans l’eau et masser délicatement les parties irritées du vagin plusieurs fois par jour (ne pas utiliser chez la femme enceinte).
  • Le calendula est une plante avec des propriétés antifongiques et anti inflammatoires. Dans de l’eau bouillante, ajouter une cuillère à café de fleurs de soucis (calendula) séchées et laisser infuser 10 min, utiliser cette tisane pour se laver
  • Homéopathie : contre la mycose vaginale, l’homéopathie peut être un excellent renfort, prendre les granules homéopathiques toujours éloignées des repas
  • Sepia officinalis en dilution 5CH :3 granules 3 fois par jour
  • Candida albicans en dilution 9CH : 3 granules 2 fois par jour

 

Trichomonas

L’agent pathogène responsable est un parasite Trichomonas vaginalis.

C’est une infection sexuellement transmissible, elle doit être traitée rapidement pour éviter les complications.

  • leucorrhées abondantes, verdâtres, mousseuses et nauséabondes
  • le vagin est rouge et le col est rouge framboise à l’examen au speculum
  • démangeaisons d’intensité variable
  • brûlures au moment des rapports et mictions

- quelques fois les symptômes sont plus discrets mais l’infection est contagieuse

 

Le diagnostic est fait par l’examen direct au microscope avec un échantillon de sécrétions vaginales.

Traitement par antibiotiques oraux : Métronidazole (Flagyl) 2g en dose unique et traitement du partenaire même s’il n’existe pas de symptômes chez lui et utilisation de préservatifs pour éviter la contagion.

En cas de symptômes d’infections vaginales, il est indispensable de consulter un médecin afin de faire un examen et les prélèvements nécessaires pour mettre en place un traitement adapté. Il est aussi très important de respecter les mesures d’hygiène afin d’éviter les récidives qui sont très fréquentes car on traite souvent très peu la cause des infections.

Naima Bonnet - Sage femme  - Diplômée en tabacologie et nutrition Publié le 19 janvier 2015 Par Naima Bonnet - Sage femme - Diplômée en tabacologie et nutrition
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