Les terreurs nocturnes

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 Comment les reconnaître ?

La terreur nocturne survient quelques heures après l'endormissement, en première partie de nuit, alors que l'enfant est en phase de sommeil profond. Elle se manifeste de manière spectaculaire : l'enfant hurle, crie, se débat dans tous les sens, transpire, respire rapidement et son coeur bat la chamade.

Ses yeux peuvent être grand-ouverts mais l'enfant ne vous voit pas.

Il peut être debout dans son lit. Lorsque vous le prenez dans vos bras, il est impossible de le calmer. Il se débat encore plus, n'est pas apaisé par votre voix et ne vous reconnaît pas.

La terreur nocturne peut durer quelques minutes à une heure. Au moment d'une terreur nocturne, l'enfant est toujours profondément endormi. Il n'en garde aucun souvenir le lendemain matin.

 

Y a-t-il des facteurs favorisant la survenue de terreurs nocturnes ?

Les terreurs nocturnes sont courantes chez les jeunes enfants, notamment autour de l'âge de 3 ans.

Elles s'observent principalement à des périodes où l'enfant doit gérer un stress ou une émotion (par exemple lors de la première entrée à l'école maternelle ou au moment d'un changement dans sa vie -naissance, déménagement-), ou tout simplement car l'enfant commence à avoir des craintes ou des peurs imaginaires (peur du loup, du noir...).

Elles sont favorisées par la fatigue. L'enfant, surtout s'il est fatigué, sombre dans un sommeil très profond et ne parvient pas à évacuer la tension qu'il a accumulée tout au long de la journée.

La terreur nocturne traduit alors cette accumulation de tension ou d'émotion que le jeune enfant n'a pas réussi à maitriser. Les terreurs nocturnes deviennent rares en grandissant et disparaissent avant l'âge de 7 ou 8 ans. On peut parfois les observer chez des petits nourrissons.

 

Pourquoi surviennent-elles à heures fixes ?

Les terreurs nocturnes surviennent toujours en première partie de nuit (premier tiers), en général une à trois heures après l'endormissement, alors que l'enfant est en phase de sommeil réparateur.

Il s'agit en effet d'un état d'agitation survenant alors que l'enfant dort profondément et qui ne le réveille pas. Plus tard dans la nuit, l'enfant dort d'un sommeil plus léger et n'est alors pas en proie à ces phases d'agitation.

 

Que faire lorsque bébé fait une terreur nocturne ?

Lorsque le bébé ou l'enfant est en proie à une terreur nocturne, n'essayez surtout pas de le réveiller : cela pourrait l'angoisser de se réveiller en sursaut dans cet état.

Laissez-le dans son lit et évitez de le toucher, même si c'est difficile pour vous de ne rien faire. Ne le prenez pas aux bras non plus ni n'allumez la lumière.

Au contraire, respectez son sommeil.

N'oubliez pas qu'il est justement en train de dormir profondément et qu'il a besoin de récupérer.

L'enfant ne souffre pas, il n'a pas mal. Il ne faut pas chercher à lui demander ce qu'il a. Il se calmera d'autant plus rapidement qu'il est laissé au calme et ne percevra pas de nouvelles stimulations.

Souvent, les parents se sentent désemparés lorsque les terreurs nocturnes se répètent. Ils ont l'impression que leur enfant devient fou ou qu'il souffre d'un problème qu'ils ne comprennent pas.

Mais rassurez-vous, les terreurs nocturnes sont très banales et tout rentre dans l'ordre le plus souvent en quelques mois. Si en revanche, vous n'êtes pas sûr du diagnostic ou si les épisodes perdurent, parlez-en à votre pédiatre.

 

Y-a-t-il des mesures à mettre en place au quotidien ?

Il est important qu'au quotidien l'enfant se sente rassuré par ses parents et son environnement et qu'il puisse évacuer la tension accumulée tout au long de la journée.

L'école par exemple lui demande un gros effort de concentration et de gestion de ses émotions.

C'est pourquoi les parents doivent veiller à ne pas mettre de pression supplémentaire (réussite...) à l'enfant.

 

Par ailleurs, il est primordial de respecter ses rythmes de sommeil et de le coucher tôt et à heure fixe. Le manque de sommeil favorise en effet la survenue des terreurs nocturnes (et des autres troubles du sommeil). 

Découvrez toutes nos fiches santé - pédiatrie rédigées par notre pédiatre en cliquant ici

Première année d'école : où en est le sommeil de l'enfant ? H. De Leersnyder, Médecine et Enfance, 2006 

Docteur Eve Balzamo Publié le 1 septembre 2012 Par Docteur Eve Balzamo
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