Les troubles du sommeil

Les troubles du sommeil sont très fréquents chez les nourrissons et chez les enfants âgés de moins de 3 ans.

Nombreux sont ceux qui ont du mal à s'endormir et qui se réveillent plusieurs fois par nuit, réveillés par des cauchemars, des rêves ou des terreurs nocturnes. Ces phénomènes peuvent durer pendant de longs mois, voire de plusieurs années. 

Troubles du sommeil, qu’est-ce que c’est ? 

Le sommeil d’un tout-petit peut être perturbé par les grands apprentissages comme la marche ou le langage, une envie d’autonomie ou encore des tracas quotidiens qui se manifesteront par des cauchemars ou des terreurs nocturnes. Certains seront affectés par ce trouble dès la petite enfance. Chez le très jeune enfant, on parle de troubles mineurs ou transitoires, avec parfois de réelles insomnies. 

Ces situations résultent la plupart du temps d'un mauvais apprentissage du sommeil ou d'une relation fusionnelle du bébé avec ses parents ou sa nourrice, d'emblée présente ou installée après un évènement particulier.
Les troubles du sommeil qui surviennent de manière transitoire sont la conséquence d'un évènement intercurrent : cauchemar, terreur nocturne, reflux gastro-oesophagien, digestion difficile, poussée dentaire, otite, changement dans le quotidien (entrée en crèche, vacances, séparation des parents, fatigue scolaire en maternelle), etc.

Comprendre les cycles de sommeil

Le nouveau-né a une horloge biologique qui est synchronisée sur l'heure des tétées. Résultat, il ne fait pas encore la différence entre le jour et la nuit et dort quasiment tout le temps. Le nouveau-né a un cycle de sommeil de 50 à 60 minutes. Il s'endort en sommeil agité jusque vers 1 an.

Son coucher va donc dépendre de ses cycles. Souvent, les jeunes parents ne peuvent pas s’empêcher de s’agiter autour de bébé dès qu’il a les yeux ouverts, cela provient d’une peur qu’ils ont de ne pas stimuler suffisamment leur nouveau-né. Il faut savoir que les stimulations doivent être faites avant le biberon. Le bébé tète et a besoin de se reposer ensuite. Si on s’agite autour de lui, on l’empêche de se rendormir. Dès qu’il baille c’est l'heure du dodo.

Vers l’âge de 3 mois, la plupart des petits commencent à faire leur nuit, et dorment 5 à 6 heures d’affilée. C’est à cet âge qu’on peut commencer à mettre en place un rituel pour le coucher. C’est entre 3 et 6 mois que l’horloge biologique de bébé atteint la maturité nécessaire pour organiser ses phases de sommeil. Bébé a donc maintenant besoin de repères pour pouvoir dormir. Il faut le conditionner pour qu’il associe l'obscurité au sommeil et la lumière à l’excitation du jour. La lumière et les bruits sont les meilleurs "donneurs de temps" pendant la journée.

A 6 mois, il est synchronisé au niveau des rythmes. L’heure du coucher est de maximum 20h30. Il faut essayer le plus possible de ne pas louper le train de 21h00, sinon il faudra attendre le prochain !

De 6 mois à 5 ans, la quantité de sommeil nocturne ne varie pas. Même si le bébé ne se dépense pas autant que l’enfant de 4 ans, il a besoin de beaucoup de sommeil pour valider ses grands apprentissages. Il faut savoir que c'est pendant son sommeil que se joue en partie le développement physique, intellectuel et émotionnel comme par exemple le développement du système immunitaire, du système nerveux central, la guérison des bobos, la validation des acquis et l'adaptation émotionnelle. Il est donc important que le bébé ait son quota d’heures.

Les difficultés d'endormissement

Bébé peut avoir plusieurs raisons pour refuser d'aller au lit ou avoir du mal à s'endormir. Il peut être fatigué, en manque de sommeil. Dans ce cas, il est agité, excité et n'est pas capable de se détendre pour trouver son sommeil.
Son rythme jour-nuit peut être perturbé

  • C'est le cas lorsque le bébé est encore alimenté la nuit (mais il ne devrait plus l'être après 4 ou 5 mois)
  • Lorsque le mode de vie de la famille est irrégulier
  • Ou lorsque l'enfant s'oppose à être couché le soir ou se réveille fréquemment la nuit et récupère son manque de sommeil le matin
  • En effet, retarder l'heure du coucher décale l'heure du lever, les horaires des siestes et des repas, et casse le rythme du bébé.
  • Les siestes trop tardives peuvent également être à l'origine de difficultés d'endormissement.
  • Il peut avoir des difficultés à se séparer de ses parents. Cette situation est fréquente en cas de relation fusionnelle du bébé et de sa maman ou lorsque des mauvaises habitudes ont été prises pour s'endormir : biberon dans le lit, endormissement dans le lit des parents ou bercé dans les bras, rituels d'endormissement trop longs etc.

Autres causes des troubles du sommeil 

  • Des infections ORL (nez, gorge, oreilles) ou des troubles digestifs ;
  • Une chambre où l'enfant ne se sent pas très à l'aise ;
  • Des problèmes familiaux ou des difficultés scolaires ;
  • Des parents anxieux ou trop rigides.

L’enfant peut aussi manquer de limites 

Lorsque les horaires de coucher et de sieste varient d'un jour à l'autre ou que bébé voit ses parents se précipiter vers lui dès qu'il pleure dans son lit (par culpabilité ou par crainte du voisinage), bébé arrivera difficilement dans les bras de Morphée. 

Les cauchemars 

Les cauchemars sont des mauvais rêves, arrivant généralement en fin de nuit. Ils peuvent apparaître vers l’âge de 2 à 3 ans, et sont plus fréquents entre 3 et 10 ans. Par la suite, leur fréquence diminue. En cas de cauchemar, l’enfant se met à crier, appelle ses parents et vit une grande frayeur, même après son réveil. Le tout-petit a alors besoin d’être rassuré par ses parents et de les sentir près de lui. Contrairement à la terreur nocturne, en cas de cauchemar, l’enfant cherche le contact de ses parents. En cas de terreur nocturne, le contact avec les parents peut intensifier le phénomène. L’enfant se souvient très bien de son mauvais rêve. Rassurez-le et une fois calmé, partez en laissant la porte de sa chambre ouverte.

Les réveils nocturnes

Les réveils nocturnes sont très fréquents. À chaque fin de cycle de sommeil paradoxal (pendant la phase de latence), les nourrissons se réveillent brièvement, de quelques secondes à une dizaine de minutes, avant de se rendormir.
Ces réveils sont normaux et physiologiques. L'enfant bouge, parfois pleure un peu, puis se rendort. Vers 8 mois ou 1 an, certains bébés jouent même tout seuls dans leur lit.
Lorsque l'endormissement est difficile ou que bébé ne sait pas s'endormir seul, il va appeler ses parents à chaque éveil physiologique pour être rassuré et voudra reproduire les mêmes conditions d'endormissement qu'au moment du coucher : il demandera à être bercé aux bras, insistera pour que ses parents restent dans sa chambre, réclamera sa tétine...
Avant l'âge d'un an, les cycles de sommeil sont très courts et le bébé peut se réveiller 7 ou 8 fois par nuit.
En grandissant, l'enfant de 2 ou 3 ans peut encore se réveiller jusqu'à 3 fois par nuit.
Les réveils nocturnes surviennent généralement en deuxième moitié de nuit. En début de nuit, jusqu'à minuit ou une heure du matin, l'enfant de plus de 6 mois dort en général bien et profondément car il enchaîne plusieurs cycles de sommeil lent, sans sommeil paradoxal.

Les terreurs nocturnes

Elles sont plus rares que les cauchemars, mais plus impressionnantes pour les parents. Elles sont toutefois sans danger pour l’enfant. Elles apparaissent en général quand l’enfant est âgé entre 18 mois et 4 ans. Elles ont tendance à disparaître après l’âge de 5 ans. 
En cas de terreur nocturne, l’enfant n’a pas conscience de la présence de ses parents car il est dans un demi-sommeil. Les terreurs nocturnes durent en général de 1 à 5 minutes, mais elles peuvent durer plus longtemps chez certains enfants. 

Elles se produisent 1 à 2 heures après que le tout petit se soit endormi, au cours du sommeil lent profond. Cependant, les terreurs nocturnes peuvent se produire aussi plus tard dans la nuit, car le sommeil lent profond revient dans les cycles de sommeil de milieu de nuit.

Vous verrez alors votre enfant crier, hurler, se tenant assis sur son lit, les yeux grands ouverts et le regard dans le vide. Ne soyez pas surpris s'il se montre agressif. Une fois l’épisode terminé, l’enfant se recouche rapidement, sans difficulté.

N’essayez pas de réveiller votre enfant, cela ne ferait que prolonger l’épisode de terreur. Il ne sert à rien de lui parler ou de le toucher, cela ne l’aiderait pas et au contraire il pourrait piquer une grosse colère si vous le faites. Restez juste à côté de lui et attendez qu’il se rendorme tout seul.   

Faut-il toujours répondre aux pleurs de bébé lorsqu'il dort ?

Lorsque le nouveau-né ou le petit nourrisson pleure la nuit, ne vous levez pas immédiatement : il a toutes les chances de se rendormir.
S'il vous voit et sent votre présence à chacun de ses réveils, il va prendre cette habitude et ne saura jamais s'apaiser tout seul.
La plupart du temps, lorsque bébé pleure, il s'agit d'un bref éveil physiologique entre deux cycles de sommeil, ou encore d'un rêve ou d'un petit cauchemar.
Ne pensez surtout pas qu'il a faim à chaque fois qu'il pleure ! Attendez quelques minutes et levez-vous seulement s'il ne se calme pas et crie de plus en plus fort.

Bébé se réveille la nuit et ne se rendort qu'avec un biberon ou en tétant le sein ?

Pourquoi ?
Il peut s'agir d'un mauvais rituel d'endormissement : lorsque le bébé ou l'enfant a pris l'habitude de s'endormir avec un biberon ou sur le sein de sa mère au moment du coucher, il va réclamer la même chose lorsqu'il se réveille la nuit car c'est pour lui sa méthode pour trouver le sommeil.
Il peut s'agir d'un malentendu qui se prolonge : les parents pensent souvent au cours de la première année que le bébé continue à avoir faim lorsqu'il se réveille la nuit. Cette impression peut être maintenue longtemps car le nourrisson boit le biberon tète le sein lorsqu'on lui propose. Il prend alors l'habitude de manger lorsqu'il se réveille en pleine nuit, et réclame son dû à chaque fois.

Que faire ?
Lorsque bébé prend 4 à 5 repas journaliers en quantité adaptée à son poids, supprimez les biberons ou la tétée la nuit. Il n'a plus besoin de manger à cette heure-là. Apaisez-le d'une autre façon lorsqu'il se réveille la nuit, en le laissant se rendormir tout seul.
Ne rajoutez pas de farine dans son biberon du soir ni ne retardez l'heure du dernier repas : ce ne sont habituellement pas des mesures efficaces pour empêcher bébé de se réveiller la nuit. Parlez-en à votre pédiatre.

Que faire si bébé appelle tout le temps la nuit ?

Il est indispensable que l'enfant sache s'endormir tout seul dans sa chambre, sans vous et sans biberon, au moment du coucher.
Si ce n'est pas le cas, il ne saura pas se rendormir seul en pleine nuit lorsqu'il se réveillera "normalement. Apprenez-lui à trouver le sommeil seul, écourtez si possible les rituels de l'endormissement.
Le jour où vous déciderez de ne plus répondre à ses pleurs la nuit, essayez de procéder par étape :
•    Essayez d'attendre de plus en plus longtemps avant d'aller dans sa chambre lorsqu'il pleure
•    Diminuez si possible le temps de présence et de contact lorsque vous allez le voir pour le rassurer : d'abord en le touchant et lui parlant, puis en restant dans sa chambre et en parlant, puis en étant hors de la chambre et en l'apaisant de loin avec votre voix.
•    Essayez de ne pas dormir à côté de lui.

Bébé perd sa tétine

Avant l'âge de 6 ou 8 mois, bébé a du mal à retrouver sa tétine tout seul dans son lit et peut crier à chaque fois qu'il en a besoin.

  • Mettez plusieurs tétines autour de lui dans son lit
  • Apprenez-lui à s'en saisir

Certains réveils nocturnes ou difficultés d'endormissement peuvent se manifester de manière occasionnelle, comme par exemple lorsque bébé est malade ou lorsqu'il a des poussées dentaires, ou encore lorsqu'il est inquiet ou qu'il vit des journées trop intenses en émotion ou en changement. Dans ces cas-là, tout rentre dans l'ordre en quelques jours.  

L’importance du rituel du coucher 

Le rituel du soir permettra à l’enfant d’avoir des repères. Cette routine peut se décliner en 3 temps. Le premier temps est le moment du bain ou de la douche et du pyjama. Pas trop chaud le bain, sinon la chaleur le stimulera ! Ensuite, arrive la phase de détente, avec un massage, des chansons ou des histoires. Puis vient le moment de l’affection. C’est-à-dire les câlins et les bisous. C’est aussi le moment de lui dire ce qu’on attend de lui et créer une image positive. Le rituel dure généralement entre 5 minutes et 20 minutes. Et pour qu’il soit efficace, il faut répéter les mêmes choses, dans le même ordre. Si la maman allaite, il faut que l’allaitement ait lieu avant la routine. Ce rituel va permettre le relâchement nécessaire à l'endormissement et aider l'enfant à se "séparer" de ses parents aussi longtemps.

Sophie Dongois Publié le 1 octobre 2012 Par Sophie Dongois
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