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Partager sa chambre? Une bonne idée?

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Parfois c’est un choix, parfois, justement, cela s’impose à la famille. Partager une chambre avec son frère ou sa sœur, ça peut être merveilleux et très pénible, source de jeux et de conflits, de confidences et de bagarres. On peut s’en souvenir avec nostalgie et procéder de la même façon ou au contraire avec angoisse et faire en sorte que nos enfants dorment séparément.

Partager une chambre à deux (ou à plus) c’est souvent un choix tactique. Pas de place dans la maison ou l’appartement et nous voilà à caser deux enfants dans la même chambre. Une famille recomposée et zou, on met les enfants du même âge ensemble histoire de créer des liens.

On trouve ça pratique, au départ, et puis parfois ça tourne un peu à la galère, entre les horaires de coucher, les siestes de l’un (alors que l’autre ne la fait plus), le grand qui se réveille à 6h30 alors que la petite dormirait jusqu’à 9h, les conflits parce qu’on ne veut pas que l’autre soit là pendant que les copains/copines viennent. Bref, le partage de chambre c’est un peu plus compliqué que ce qu’il y paraît.

  • Chez Avis de Mamans, on vous donne quelques pistes pour installer au mieux cette petite colocation choisie ou imposée !

Partager sa chambre quand on est petits c’est plus facile !

Faire partager une chambre à deux enfants en bas-âge, c’est plus facile niveau protestations des uns et des autres. Les enfants sont petits, c’est souvent plutôt un choix parental que de les faire dormir à deux, par envie ou manque de place. L’installation du plus petit se fait une fois qu’il fait « presque » ses nuits, histoire qu’il ne dérange pas trop son aîné. Bien souvent, les pleurs de l’un va à peine réveiller l’autre mais il faudra éviter d’installer un nourrisson qui va réclamer à manger trois fois par nuit avec son frère ou sa sœur qui lui, a besoin de faire de bonnes nuits.

Nous vous suggérons donc d’attendre que bébé dorme correctement et qu’il sache s’endormir seul, ce qui arrive souvent (mais évidemment pas forcément chez vous) entre 6 et 9 mois. A partir de ce moment-là, faites un petit coin « bébé » accessible rapidement pour une extraction si besoin et laissez le grand (ou la grande) dans son univers habituel. Ce n’est pas parce qu’un petit squatte qu’il faut changer la déco et ranger les jouets. Non, c’est une colocation intelligente que vous devez proposer.

Côté logistique, veillez à ce que l’aîné puisse sortir de la chambre tout en douceur si besoin le matin (ou la nuit) sans réveiller son petit frère ou sa petite sœur et n’oubliez pas de lui expliquer qu’il/elle est le/la grand(e) et qu’il/elle peut se lever sans faire de bruit quand il/elle est réveillé(e). Vous pouvez également installer une veilleuse indicatrice de réveil afin que l’aîné(e) sache quand il/elle peut se lever le matin.

Pour les siestes, si le petit squatte la chambre et que le grand ne peut aller y jouer (s’il ne sieste plus), pensez juste à extraire quelques jouets de la chambre vers une autre pièce histoire que le grand ne se sente pas exclu de son univers.

Partager sa chambre avec un petit c’est à la fois grandir et devenir responsable mais ça peut aussi être vécu comme une invasion si l’enfant est un peu plus grand. Veillez donc à préparer votre aîné(e) avant la naissance en lui faisant participer à l’installation d’un coin bébé via des stickers ou quelques achats déco pour bébé.

 

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Et quand ils grandissent ?

Quand les enfants grandissent, la colocation devient parfois plus complexe. Si on assiste en tant que parent à des moments de grâce durant lesquels les deux enfants (ou plus) jouent ensemble dans une chambre (en bazar mais peu importe), il arrive aussi des moments de crise où chacun voudrait bien être un peu tranquille, tout seul et sans l’autre.

On observe ce changement d’attitude entre 6 et 9 ans, quand l’enfant a besoin d’intimité, et qu’il ne partage plus forcément les mêmes loisirs et les mêmes jeux que son frère ou sa sœur.

Si vous en avez la possibilité, parfois il vaut mieux répondre à la demande d’un enfant qui souhaite avoir sa chambre seul, parce qu’il subit le quotidien à deux et, de ce fait, ne tire aucun avantage de la situation. S’ils ne jouent pas ensemble, s’ils ne font que se disputer, c’est peut être l’occasion de les séparer et de leur offrir chacun leur espace de vie. En revanche, si vous n’avez pas de place pour les séparer, il va falloir leur expliquer que cette collocation est à durée indéterminée MAIS que vous allez œuvrer ensemble pour l’améliorer.

Vous pouvez ainsi créer deux univers bien distincts dans la chambre, votre ami Pinterest est là pour vous y aider, comme moult magazines de déco qui traitent du sujet. Ensuite, vous pouvez réfléchir ensemble à des « règles » qui pourraient s’appliquer comme « frapper à la porte » ou pouvoir bénéficier de la chambre seul quand on y invite un copain. L’autre ne sera pas lésé puisqu’il pourra faire de même, et charge aux parents de lui faire une petite place au salon ou autre pendant que le frangin/la frangine squatte la chambre.

 

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Quels sont les avantages à partager une chambre ?

Mère de famille nombreuse, j’ai évidemment casé plusieurs enfants par chambre en respectant (parce que nous le pouvions bien entendu) les besoins de chacun. Ainsi, les deux enfants les plus « angoissés » par la solitude du soir, se retrouvent tous les deux et peuvent discuter avant de dormir (on intervient pour couper court aux causeries après 15 minutes), et l’aîné, qui aime lire tranquillement, est seul. La dernière est seule également mais pour des raisons de sommeil car elle réveillerait quiconque dormirait avec elle pour le moment. Néanmoins, tout ceci est très malléable et le jour où un des enfants émettra un besoin d’être seul ou avec un autre enfant, nous reprendrons tout cela pour faire au mieux. Il faut surtout en discuter avec l’enfant car même si dormir à plusieurs est source de complicité tout autant que de conflit !

Au-delà de ce que vous pouvez vivre au quotidien, force est de constater que de partager une chambre entre deux (ou plusieurs enfants) apaise les craintes nocturnes (ils dorment mieux et se rendorment en cas de cauchemar plus facilement car ils ne sont pas seuls), permet d’apprendre le partage et le jeu à plusieurs, force les enfants à régler eux-mêmes leurs conflits sans faire systématiquement appel à Papa ou Maman, et offre à la fratrie son petit univers (une chambre d’enfant, loin des pièces partagées avec les parents).

Ce partage de chambre, choisi ou non, peut être donc très bénéfique pour vos enfants. Ils grandissent et vivent ensemble, ils jouent ensemble, ils imaginent ensemble. Se créent des liens de complicité et d’amour fraternel (même s’il y a des disputes et des vols de territoire !). Contrairement à « une chambre pour un enfant », la fratrie forme un tout et s’épanouit ensemble.

 

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Evidemment, pour les parents cela peut signifier plus de bazar, moins de sommeil (car le premier levé réveille les autres) mais finalement peut être plus de tranquillité quand ils jouent ensemble (au lieu de se retrouver seuls dans leur chambre).

Mais attention tout de même à ce qu’aucun de vos enfants ne vive mal cette colocation forcée. En effet, plus l’enfant grandit, plus il va manifester le besoin de se retrouver seul et d’avoir un coin à lui. Ne négligez pas ses demandes et faites au mieux avec l’appartement ou la maison que vous avez. Il existe désormais des panneaux, des étagères ou des mezzanines qui peuvent faire séparation, cloison, etc..

Cet avertissement vaut également pour les familles recomposées, les enfants voient déjà leur vie chamboulée par l’arrivée d’un nouveau frère/sœur de leur âge (ou presque) et de leur parent avec un/une autre, alors veillez à discuter avec lui de la possibilité de partager (ou non) une chambre avec un autre enfant. Si c’est imposé, cela sera forcément mal vécu alors qu’une bonne discussion préalable permettra d’échanger les points de vue et de trouver des solutions adaptées.

L’essentiel étant d’écouter le ressenti de l’enfant et d’agir dans la mesure du possible de votre logement avec les astuces et les conseils glanés ça et là.  D’être en phase avec ses choix, que l’on soit parent ou enfant, et ne pas laisser s’installer une colocation forcée mal vécue par l’un ou par l’autre. Partager sa chambre, ça doit être un moment d’enfance créateur de souvenirs…

 

Marie Perarnau Publié le 23 mars 2015 Par Marie Perarnau
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