Pourquoi je suis ravie qu'Alessandra Sublet ait eu un Baby Blues

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Eh ben ouais… je suis ravie qu’elle ait eu un Baby Blues. Et toc.

Non pas que je pique d’aiguilles une poupée vaudou à l’effigie de l’animatrice parce que je la trouve beaucoup trop sympathique.

Mais plutôt parce qu’elle m’a scotchée de confier  ses errances de jeune maman. Elle, celle à qui tout réussit – à en lire les journaux.

Alors bien sûr, ce qui vient à certains esprits mal placés c’est  » OK, encore une qui se fait du fric avec un bouquin »…

"Elle nous raconte son baby blues alors qu’elle a 3 nounous – Non mais Allo quoi ? ». Déjà, je ne pense pas que nous soyons tous des Beckham dans l’âme et dans le portefeuille,

Et puis, comme dirait le poète Shy’m : Et alors?

M’en fous moi qu’elle se fasse de l’argent sur son histoire de maman. M’en fous si elle donne des détails qui parfois pourraient sembler anodins et sans conséquences aux novices.

Pour une fois que les médias ont été braqués pendant plus de 3 semaines sur la difficulté d’être mère, sur ce bouleversement. TANT MIEUX.

MERCI SAINTE ALESSANDRA.

Je repense à toutes ces mamans qui se sont épanchées sur le plateau des Maternelles: entre le baby-blues, la dépression post-partum, l’épuisement maternel et la difficulté d’établir un lien… Que de moments de grande solitude et d’isolement que nous traversons, nous les mamans, en silence… comme des bonnes élèves. » Ne lève pas la tête, ça va passer »… Un peu comme les pâles d’un ventilateur… faut baisser la tête toutes les 30s.

Sauf que parfois, ça ne passe pas… ou pas aussi vite que prévu.

Alors oui, bien sûr, toutes ces difficultés maternelles ne se placent pas sur le même plan- nos vécus psychologiques sont le terreau de ces états de déprimes/dépression, donc tous différents car toutes singulières. Mais qu’importe. Si pour une fois, l’opinion publique peut se rendre compte de l’abîme que peut être parfois le « devenir mère », c’est tant mieux.

Qu’on peut avoir envie de partir loin, de ne plus les voir, les sentir, les entendre – Oui c’est possible.

Et ce n’est pas pour autant que nous sommes ou serons de mauvaises mères. J’ai reçu tellement de témoignages de mamans en difficulté qui débordaient d’amour à l’égard de leurs enfants. Simplement, le mal-être adore calfeutrer l’amour. Autant que la fragilité déteste se confier et être vue.

Malmenée chez Ruquier par N.Polony (enceinte) et A.Caron, Alessandra n’a clairement pas démérité. Elle s’est vu reprocher un manque de chiffres et d’études sur le phénomène baby-blues. Mais on s’en fout…c’est pas le propos, elle n’est pas sociologue. Et pour finir, on n’a mis en doute le fait qu’elle n’avait pas d’amie pour le lui avoir témoigné…Mais même si on sait, on ne veut pas savoir… Le secret du bonheur n’est-il pas : ne rien dire, ne rien entendre, ne rien voir…

Même si certaines associations existent comme Maman-blues, ce n’est pas toujours simple d’aborder le sujet au porte-voix… Par ailleurs,  je ne suis pas sure que les mamans s’aperçoivent de leur état, et quand bien même, je ne suis pas sure qu’elles se sentent prêtes à assumer le regard des autres et de pousser la porte d’une association – aussi guidante soit elle.

Alors, il faut encore et toujours en parler.

Et surtout de voir que : OUI, on s’en sort. Oui, on retrouve de l’énergie, de nouveaux moteurs, de nouvelles envies.Et que OUI : qu’on les aime ses enfants.

Au delà de cela, ce témoignage d’Alessandra c’est peut-être aussi une nouvelle façon d’être féministe.

Craquer c’est aussi dire stop, se rendre compte qu’on ne peut tout faire (je ne prends pas en compte les grandes depressions post-partum éclairant des difficultués psychologiques très souvent antérieures au statut de mère mais qui apparaissent à ce moment là). C’est accepter que l’instinct maternel n’est pas inné. C’est réaliser qu’on est fragile, pas aussi forte que ce qu’on a pu vouloir montrer

Et C’est  surtout accepter qu’on a besoin de l’autre quand pendant des années, on a entendu l’injonction  "soyez indépendantes et libres ». Le truc c’est qu’à force de vouloir être libre, on s’est aussi aliéné dans un certain isolement de maman moderne…à combiner travail – maison – famille et parfois, un peu de soi…à partir de 21h45 seulement.

D’ici, je me dis qu’il faut un certain courage (j’vais en parler à Ségolène), de la sincérité et une estime de soi retrouvée pour porter aussi haut la promo de son bouquin.

Bref, pour tout ça, je voulais dire merci à Alessandra. (et non j’suis pas fayotte)

 

avisdemamans avis Publié le 20 mai 2013 Par avisdemamans avis
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