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Réponse à Sheryl Sandberg ou Je veux bien me bouger mais bon….y'a du boulot

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Ah que j’ai aimé lire cette prise de parole de Sheryl Sandberg – la DG de Facebook. Ce vent frais a envahi ma tête avec des petits airs révolutionnaires  "Ah ça ira, ça ira…" melés d’un morceau de McSolaar « Bouge de là ».  Eh oui, elle veut qu’on se bouge la dame. Que les femmes arrêtent de mettre un frein à leur carrière because of kids. Elles sont les seules responsables…

Hold On Miss Sandberg !

Mouais, c’est là que ça pique chez moi…genre vitriol tarantinesque

Car, je suis plutôt d’accord avec les théories qui prétendent qu’il ne s’agit pas de modifier les conduites des femmes mais plutôt la société en profondeur pour garantir une bonne articulation vie pro/vie privée. Et un accompagnement bienveillant des hommes – nos partners !

Je fais mon acte révolutionnaire via ce billet en pas réponse à Madame Facebook dont l’audience est très féminine et lucrative.

Passez moins de temps sur les réseaux les filles, faut se bouger là ;-)  Allez, sans culotte et avec bonnet (B) phrygien.

Sans transition.

J'ai toujours adoré les listes de phrases de belle-mère, de femmes enceintes, de lol cat (ah non,ça y’a pas) que je trouve dans mes blogs préférés.

Et puis, il y a celles que les hommes (et mêmes certaines keupines) glissent aux femmes qui ont décidé de monter leur boite.Ou plutôt de créer leur propre emploi tant il est assez difficile d’être crédible en affichant sa volonté d’avoir une carrière (pas de sable) en entreprise tout en étant mère de famille.

Voici donc un florilège de ces fameuses phrases à destination des dirigeantes femmes  :

1/ Cette création de boîte, ça va ? Ce n’est pas trop difficile -? tout cela avec un regard plissé et la tête penchant à droite

Difficile de quoi ? De faire plusieurs choses dans la même journée comme parler au comptable, rédiger des propositions commerciales, réfléchir à son marketing et commander de nouveaux ordinateurs ? Ou bien difficile de gérer la maison, les enfants et le boulot comme je le faisais déjà avant, avant mon émancipation du salariat? Étrangement  cette question n’est jamais posée à un homme entrepreneur. Mais pourquoi donc ?  Ben non, puisque lui c’est quasi NORMAL qu’il soit entrepreneur et la difficulté fait partie de la tâche…Et puis surtout, en filigrane, il ne lui est pas demandé si il arrive à s’organiser correctement. Ah articulation vie pro/vie privée quand tu nous tiens.

 

2/Mais tu as réussi à lever des fonds ? air très surpris et presque dubitatif

Et souvent, cette question est assortie de  » ça n’a pas été trop difficile ». AAAAAHHHH, tel un lapin crétin je m’offusque. Car dans cette interrogation, il n’est pas question de la difficulté à trouver des business angels, du resserement du marché des fonds d’investissements ou de la frilosité générale des banquiers français pour l’entreprenariat qu’on peut lire dans les Echos… Non non, ne vous y trompez pas Mesdames Entrepreneures. Non derrière, il y a, « Mais tu as réussi à lever des fonds en étant une femme ? En gros « Tu as réussi à convaincre ». »Tu es crédible en tant que créatrice donc ».. Ben oui, il y a des hommes et des femmes qui ont la modernité (ou douce folie) de croire en des projets portés par des femmes. Et d’ailleurs merci à eux.

 

3/ Mais tu vas faire ça combien de temps ? limite agacé car il faudra bien que ça s’arrête

Ah ah… celle là, elle me fait rire – jaune j’avoue comme dirait mon neveu de 13 ans. Ben oui, car ça ne peut-être qu’une petite marotte de monter une entreprise, un passe-temps de jeune maman qui s’ennuie chez elle… Du coup, c’est très temporaire. Et pire encore, dans cette phrase, il y a l’échec. Quand ça marchera plus, faudra faire autre chose. Et là, l’implication, l’huile de coude, l’énergie déployée, les nuits sans sommeil et pas uniquement à cause de la petite dernière qui a encore du mal…tout cela est balayé par cette phrase. Et ça fait mal (hommage à Christophe Maé)

 

4/ Tu travailles de chez toi, j’imagine ? un peu moqueur et ironique 

Bien voyons  ! Bien sûr parce qu’en même temps que je bosse sur un partenariat stratégique, j’en profite pour faire tourner mes 4 machines et vider 2-3 lave vaisselle… Penser ambition pour son projet nécessite un isolement et surtout un rythme de travail qui dans mon cas passe nécessairement par travailler hors de la maison. Et j’ai donc oeuvrer pour me trouver un lieu, car bosser sur un business avec la 3eme en fond sonore, ce n’est pas l’idéal.

Je me lève, je vais travailler à mon bureau comme dans mon ancienne vie de  cadre sup.

En créant ma société je savais que je verrais moins mes enfants. Travailler me fait vibrer, me permet de me réaliser pleinement et de leur présenter une maman épanouie, dynamique, qui réalise ses rêves. Même si parfois le tribut est cher. Point de conciliation mais plutôt du sacrifice moyen-termiste – Hoppefully Madame Sandberg

Néanmoins, je savais que je serais libre de mes horaires quelques qu’ils soient…. et que je pourrais dégainer pour être auprès de mes enfants quand je le souhaite (pour prendre une dose d’énergie) ou parce qu’il y a un imprévu ( et il y en a beaucoup)

Vous l’aurez compris, je grossis le trait… Mais sans caricature, nul salut dans la démonstration… Cela dit, certaines se reconnaîtront sans doute un peu dans ces propos.

Je pourrais encore en citer de nombreuses autres phrases comme  "c’est votre mari qui vous a financé?" ou  "vous avez eu l’idée toute seule?". Toute cette compréhension ou cet intérêt pour votre développement, peuvent , sans qu’on le réalise immédiatement, être ce que Jocelyne Robert appelle du sexisme bienveillant. Et ce sera je pense, le plus difficile à corriger car mine de rien, ces images d’Epinal imprègnent notre société depuis de nombreuses années.

En les pointant du doigt, nous les faisons exister donc nous apprenons encore davantage à les reconnaître pour mieux les apprivoiser et les modifier en vue de plus d’égalité.

Je n’étais pas du genre à porter l’entrepreunariat féminin comme un étendard, ayant été élevé par 2 grands féministes sans le savoir. Cette affaire là me semblait tout à fait normal et très asexuée jusqu’au jour où… Et puis, Madame Sandberg m’interpelle dans son raisonnement partiel…Aujourd’hui, je me sens en droit voire en devoir de témoigner et de raconter un peu plus les coulisses. De donner à voir comme on dit et de faire savoir.

Billet du soir, bonsoir

J’embrasse tous les hommes qui me lisent avec sexisme bienveillance

avisdemamans avis Publié le 18 mars 2013 Par avisdemamans avis
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