Rhumes et rhino-pharyngites

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Rhumes et rhino-pharyngites sont des infections très courantes chez les nourrissons et les jeunes enfants. C'est le motif le plus fréquent de consultation pédiatrique !

 

Qu'est ce que c'est ?

La rhino-pharyngite aiguë, communément appelée « rhume », est une inflammation de courte durée du pharynx et des fosses nasales.

Les nourrissons de moins de 2 ans sont les plus touchés.

Une pharyngite est une inflammation du pharynx (c'est à dire du fond de la gorge)  et une rhinite correspond à une atteinte nasale isolée.

 Les rhinites ou rhino-pharyngites sont dans la grande majorité des affections aiguës d'origine virale.

Les rhinites chroniques peuvent être secondaires à des mécanismes immuno-allergiques (rhinite allergique, rhume des foins).

 

Quels sont les symptômes de la rhino-pharyngite aiguë ?

Les symptômes de la rhino-pharyngite aiguë chez l'enfant sont relativement typiques

  • La maladie débute habituellement par de la fièvre, qui peut être isolée le premier jour. Elle persiste souvent pendant 2 ou 3 jours et peut être très élevée, jusqu'à 40°C
  • Les éternuements sont fréquents au début de l'affection
  • L'écoulement nasal est quasi constant, clair au début puis il peut devenir épais et purulent ; il est d'abondance variable
  • L'obstruction nasale (nez bouché) est souvent responsable d'une gêne ou d'un inconfort, disparaissant ou s'améliorant avec les lavages de nez
  • L'enfant présente très fréquemment une toux sèche irritative ou des raclements de gorge au cours des premiers jours
  • Lorsque les sécrétions sont importantes et coulent dans le fond de la gorge, la toux se charge de glaires et peut être responsable de vomissements. La toux grasse est exacerbée la nuit et au petit matin
  • Les maux de gorge se traduisent en général par des difficultés alimentaires chez le jeune enfant ou par une salivation excessive chez le plus petit (le nourrisson n'avale plus sa salive), ou encore par des grimaces à la déglutition
  • Les réveils nocturnes deviennent fréquents (gêne pour respirer lorsque le nez est bouché, pertes de tétine afin de pouvoir respirer par la bouche...) 
  • Enfin, les rhino-pharyngites s'accompagnent d'une fatigue (le bébé est grognon, demande les bras, dort plus qu'à l'habitude...), de maux de tête, et parfois de troubles digestifs (vomissements ou diarrhée)

L'aspect purulent de l'écoulement nasal ou la fièvre élevée ne sont pas des signes de gravité ni synonymes de surinfection. Ils s'observent très fréquemment en cas de rhume.

  • La rhino-pharyngite guérit en général spontanément en 1 ou 2 semaines

 

Quelles sont les causes des rhino-pharyngites aiguës et comment attrape t-on un rhume ?
  • Les rhino-pharyngites aiguës chez l'enfant sont dans presque la majorité d'origine virale. Plus de 200 virus peuvent provoquer des rhino-pharyngites !
  • Ces circulent principalement durant la période hivernale et se multiplient dans les lieux clos. Ils se propagent par petites épidémies dans les collectivités.

Certains facteurs peuvent favoriser la survenue des infections comme le tabagisme passif, la carence en fer, le terrain allergique, la fatigue et le froid.

Les jeunes enfants de moins de 3 ou 4 ans dont le système immunitaire n'a pas encore atteint sa maturité sont très souvent touchés par les rhino-pharyngites et les infections de la sphère ORL. Ils font en moyenne 8 rhumes par an. En grandissant, le nombre de rhumes diminue, passant alors à 2 ou 3 dans l'année.

 

Comment se transmet la rhinopharyngite ?

Les rhino-pharyngites aiguës d'origine virale sont très contagieuses.

Les virus se transmettent par la toux, les postillons, les sécrétions nasales, la salive, les éternuements... Ils peuvent rester dans l'air ou sur les objets pendant quelques minutes à quelques heures.

 

Que faire ? Quel est le traitement ?

Le traitement repose principalement sur les lavages des fosses nasales plusieurs fois par jour à l'aide de sérum physiologique et sur le mouchage.

Parallèlement, il faut :

  • Bien aérer la maison tous les jours

  • Si possible humidifier la chambre pour dormir ou en tous cas éviter le chauffage électrique la nuit car l'air sec et chaud assèche les muqueuses

  • Eviter le tabagisme à la maison

  • Proposer régulièrement à boire à l'enfant

  • Ne pas trop chauffer la maison et ne pas couvrir le bébé trop chaudement

 

En cas de fièvre, donnez un antipyrétique comme le paracétamol. Les vasoconstricteurs nasaux sont contre-indiqués chez l'enfant.

Par ailleurs, les antibiotiques ne sont jamais indiqués pour traiter une rhino-pharyngite, chez l'enfant comme chez l'adulte.

Il s'agit en effet d'une infection virale. Ils n'empêchent en aucun cas l'apparition éventuelle de complications et ne raccourcissent pas la durée du rhume.

Ils peuvent être délétères pour l'enfant (diarrhée, mycose...) et leur utilisation non justifiée est à l'origine des nombreuses résistances des bactéries aux antibiotiques. Leur usage est réservé pour traiter les complications infectieuses avérées.

Les rhumes et rhino-pharyngites sont habituellement bénins mais des surinfections sont possibles.

Les facteurs favorisant la survenue de complications sont principalement la baisse des défenses immunitaires (par exemple dans les suites d'une infection comme la varicelle ou après un traitement particulier) et/ou l'insuffisance des lavages de nez.

Au cours d'une rhino-pharyngite, les microbes peuvent se propager dans les autres régions de la sphère ORL car les fosses nasales, la gorge, les oreilles et les sinus communiquent entre eux.

D'autres microbes peuvent également entrer dans les voies respiratoires fragilisées et être à l'origine d'une surinfection.

Chez le nourrisson et le jeune enfant, la principale complication de la rhino-pharyngite est l'otite infectieuse (otite moyenne aiguë) ou l'otite séreuse. Les bronchites, bronchiolites, laryngites ou trachéites sont également possibles.

Les enfants sujets à l'asthme peuvent déclencher une crise au moment d'une banale infection rhino-pharyngée. Les sinusites s'observent chez les adultes et parfois chez les grands enfants.

 

IL FAUT CONSULTER POUR RECHERCHER UNE ÉVENTUELLE COMPLICATION :

  • Si la fièvre persiste plus de 3 jours, notamment chez les enfants sujets aux otites
  • Si l'enfant est gêné pour respirer ou a une toux importante qui s'aggrave (surtout s'il a déjà présenté des épisodes de bronchiolite)
  • Si les symptômes sont toujours intenses au delà de 10 jours (nez bouché et toux)
  • Si l'enfant n'arrive plus à s'alimenter, s'il se réveille la nuit, devient agité, grognon ou au contraire somnolent
  • S'il vomit ou a la diarrhée
  • S'il a une conjonctivite purulente

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Docteur Eve Balzamo Publié le 1 mai 2013 Par Docteur Eve Balzamo
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