INSCRIPTION

Trouille bleue…

9h15 : 1 appel en absence… numéro inconnu

9h17 : le téléphone sonne à nouveau, le même numéro… insistant !

Bizarrement, l’angoisse monte et je finis par décrocher après avoir tenté sans succès de me souvenir de ce numéro…

"Madame, c’est le centre de loisirs…nous avons eu un problème avec votre fils (…) "

Je n’entends plus rien, pourtant la conversation n’est pas finie… Mais je n’entends plus rien. Un problème? Non, jamais il n’y a de problème… et je l’ai déposé il y a, à peine 45 min ! Que peut-il se passer en 45 min qui occasionnerait un problème nécessitant un appel aux parents !

Je reprends mes esprits et tente à mon tour de communiquer de façon distincte. Mon estomac noué, la gorge serré, les yeux humides…

  • « Quel problème »
  • Il s’est tordu le cou !
  • Pardon ?
  • Là, ça va vite, très vite  dans la tête d’une maman incapable de voir ses petits souffrir sauf quand il s’échangent des peignées entre eux…Tordu le cou ? Comment est-il ?
  • Oui, il est mal retombé dans le Gymnase …
  • Ca y est, je commence à visualiser la scène. C’est presque pire. J’essaie de me raisonner de prendre sur moi. Je ne peux pas ! Je ne sais pas gérer l’angoisse que provoque ce coup de fil. Je n’ai pas vu mon fils ! Il s’est tordu le cou. Il est mal retombé… et la voix de continuer :
  • On n’a pas appelé les pompiers, nous avons préféré vous joindre d’abord.

Les pompiers? Comment ça ? Je monte dans ma voiture – explose en sanglots au 1er feu rouge. Il faut que je me contienne devant lui…

Il faut que je prenne sur moi… Il faut que, il faut que, je dois  etc…  Je dois tout lâcher maintenant, et être forte ensuite… C’est moi l’adulte. S’il sent que j’ai peur ou que j’ai eu peur, ça ne va pas l’aider…Mais moi, qui m’aide à surmonter ça ?

Etre maman c’est d’abord oublier de penser à soi !

J’arrive au Centre, les yeux humides et le regard vitreux. Je cherche mon fils, il est devant moi – je ne l’avais pas vu.

Le petit bonhomme est coincé, la tête immobile. Il me regarde et je sens le stress dans ses yeux.

Il a eu peur…très peur mais me lance un tout juste perceptible  "Ca va aller Maman, ne t’inquiète pas".

Quelle finesse… nos enfants sont bien plus sensibles à nos réactions que ce que nous voulons bien croire !

Ensuite on enchaine la visite chez le pédiatre suivi de l’achat du collier cervical (la minerve) dont la pose a été ubuesque. On a ri !

Mon petit bonhomme est meurtri et mon petit coeur tout mou aussi… Mais ça, c’est mon (lourd) secret de maman !

Ces situations de tension  nous poussent à raisonner très vite en adulte… et nous permettent de nous surpasser !

J’ai toujours été admirative des professions médicales capables de désensibiliser une situation pour mieux trouver une solution.

Je me suis surprise à sangloter seule et 5 min après me plonger dans le pragmatisme des choses à faire pour soigner mon ange.

Etre maman c’est oublier de penser à soi

Etre maman c’est ne penser qu’à lui.

Douce nuit

avisdemamans avis Publié le 24 juillet 2012 Par avisdemamans avis
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